Le Castor de
montagne est endémique de la côte pacifique de l’Amérique du
Nord, présent dans le nord de la Californie, l’Oregon,
l’État de Washington, ainsi que dans le sud de la
Colombie‑Britannique. Il occupe les forêts humides, les
pentes fraîches, les ravins ombragés, et les zones à
sous‑bois dense. Sa répartition est très morcelée, car il
dépend de sols humides et de micro‑habitats frais.
Le Castor de
montagne mesure 30 à 50 cm de long, avec une queue très
courte de 2 à 4 cm, et pèse 500 à 1 100 g. C’est un
animal trapu, massif, avec un pelage brun foncé et des membres
puissants adaptés au fouissage. Malgré son nom, il n’est pas un
castor, mais le plus primitif des rongeurs actuels.
Le Castor de
montagne est crépusculaire à nocturne, solitaire, et
vit dans un réseau complexe de galeries. Il dépend fortement
de l’humidité et doit boire très souvent. Son alimentation est
herbivore stricte, composée de fougères, jeunes
pousses, écorces, feuilles, plantes aquatiques
et rameaux. Il coupe des végétaux qu’il laisse faner
avant de les consommer, car certaines plantes sont toxiques
lorsqu’elles sont fraîches. La reproduction comprend 1 portée par
an, de 2 à 4 petits, après une gestation d’environ 28
à 30 jours. Les jeunes deviennent indépendants vers 2 à 3
mois.
Le Castor de
montagne est considéré comme un fossile vivant, car il est le
seul représentant actuel de la famille Aplodontiidae, un
groupe très ancien de rongeurs primitifs. Il possède un rein
archaïque incapable de concentrer l’urine, ce qui explique sa
dépendance extrême aux milieux humides. Son système digestif est
également primitif, avec une fermentation limitée. Il est l’un des
rares rongeurs à stocker des végétaux pour les faire sécher
avant consommation.
Ses principaux
prédateurs sont les rapaces (buses, hiboux), les
mustélidés (martres, belettes), les canidés (coyotes,
renards), les félins (lynx, pumas), ainsi que les serpents.
Les jeunes sont particulièrement vulnérables.
Le Castor de
montagne est classé Préoccupation mineure par l’UICN au
niveau global, mais certaines populations sont menacées
localement. La sous‑espèce Aplodontia rufa rufa,
endémique de la région de Puget Sound, est considérée comme en
danger, avec une population fragmentée et en déclin. Les
effectifs globaux sont difficiles à estimer, mais les populations
sont localisées, discontinues, et très sensibles à la
déforestation, à la sécheresse, et à la
modification des sols. L’espèce dépend de micro‑habitats
humides, ce qui la rend vulnérable au changement climatique.