La révolution française

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La crise de l'Ancien Régime

La crise de l’Ancien Régime s’explique par un ensemble de facteurs politiques, économiques, sociaux et culturels qui fragilisent la monarchie française au XVIIIe siècle. Sur le plan politique, la monarchie absolue incarnée par Louis XVI se heurte à une contestation croissante des privilèges et à l’aspiration des élites éclairées à une participation plus large au pouvoir. Sur le plan économique, les finances royales sont minées par les guerres coûteuses, notamment la guerre d’indépendance américaine, et par une fiscalité inégalitaire qui pèse surtout sur le tiers état. Sur le plan social, la noblesse et le clergé conservent des privilèges qui apparaissent de plus en plus injustes face aux revendications du tiers état, composé de bourgeois, artisans et paysans. Sur le plan culturel, les idées des philosophes des Lumières comme Voltaire, Rousseau ou Montesquieu diffusent une critique de l’absolutisme et promeuvent des valeurs de liberté, égalité et souveraineté populaire. La crise se manifeste par des tensions croissantes, des révoltes fiscales et frumentaires, et l’incapacité de la monarchie à réformer ses institutions. L’échec des tentatives de réforme, notamment lors de la convocation des États généraux en 1789, précipite l’effondrement de l’Ancien Régime et ouvre la voie à la Révolution française.

La convocation des Etats Généraux



 

La convocation des États Généraux en 1789 marque un tournant décisif dans la crise de l’Ancien Régime. Face à l’aggravation des difficultés financières et à l’incapacité de réformer la fiscalité, Louis XVI décide de réunir cette assemblée qui n’avait pas été convoquée depuis 1614. Les États Généraux regroupent les représentants des trois ordres, le clergé, la noblesse et le tiers état, afin de discuter des réformes nécessaires et de trouver des solutions à la crise. La préparation de cette réunion entraîne la rédaction des cahiers de doléances, où chaque ordre exprime ses revendications et ses critiques contre les privilèges et les injustices. Le tiers état, fort de son poids démographique et animé par les idées des philosophes des Lumières, réclame une véritable représentation et une réforme politique profonde. La convocation des États Généraux ouvre ainsi la voie à la confrontation entre les ordres, à la proclamation du Serment du Jeu de Paume et à la naissance de l’Assemblée nationale, prélude à la Révolution française.
La création de l'Assemblée nationale

La création de l’Assemblée nationale en juin 1789 constitue un moment fondateur de la Révolution française. Devant le refus du clergé et de la noblesse de siéger avec le tiers état, les députés de ce dernier, menés par des figures comme Emmanuel-Joseph Sieyès et Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, décident de se proclamer représentants de la nation. Le 17 juin 1789, ils affirment que l’Assemblée nationale détient seule le pouvoir législatif et qu’aucune autorité ne peut s’y opposer. Cette décision traduit la rupture avec l’ordre ancien et l’absolutisme incarné par Louis XVI, en affirmant la souveraineté du peuple. La création de l’Assemblée nationale entraîne rapidement des actes symboliques comme le Serment du Jeu de Paume, où les députés jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. Cet événement marque la fin de la légitimité exclusive de la monarchie et ouvre la voie à la transformation radicale des institutions.
La prise de la Bastille

 Le 14 juillet 1789 est un événement majeur de la Révolution française. La forteresse, symbole de l’absolutisme et du pouvoir arbitraire de la monarchie, est assiégée par les Parisiens en quête d’armes et de poudre pour défendre la ville. La tension est alimentée par la présence de troupes royales autour de Paris et par le renvoi de Jacques Necker, ministre populaire auprès du peuple. Les insurgés, composés d’artisans, de commerçants et de membres du tiers état, parviennent à s’emparer de la forteresse après plusieurs heures de combat. Le gouverneur de la Bastille, Bernard-René de Launay, est capturé puis exécuté par la foule. La chute de la Bastille devient immédiatement un symbole de la fin de l’arbitraire royal et de la victoire du peuple contre l’absolutisme. Elle marque le début d’un mouvement révolutionnaire irréversible et sera célébrée comme la fête nationale française.
La nuit du 4 août

La nuit du 4 août
La nuit du 4 août 1789 est un moment décisif de la Révolution française marqué par l’abolition des privilèges. Réunis à l’Assemblée nationale, les députés prennent la décision de mettre fin aux droits féodaux, aux privilèges seigneuriaux et aux exemptions fiscales dont bénéficiaient la noblesse et le clergé. Sous l’impulsion de figures comme Jean-Baptiste Chabroud et Armand de Vignerot du Plessis, les propositions se succèdent et aboutissent à un vote qui supprime les privilèges héréditaires, les droits de chasse, les dîmes et les redevances féodales. Cet acte symbolise la volonté de construire une société fondée sur l’égalité civile et la fin des distinctions juridiques entre les ordres. La nuit du 4 août consacre ainsi la rupture avec l’Ancien Régime et ouvre la voie à la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui sera adoptée quelques semaines plus tard.
Une nouvelle France

Une nouvelle France
Une nouvelle France naît à l’été 1789 avec la Révolution. Les institutions de l’Ancien Régime sont progressivement démantelées et remplacées par des structures fondées sur la souveraineté nationale et l’égalité civile. La création de l’Assemblée nationale puis l’adoption de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen consacrent des principes universels de liberté, d’égalité et de fraternité. Les privilèges féodaux abolis lors de la nuit du 4 août ouvrent la voie à une société où les distinctions juridiques entre ordres disparaissent. La monarchie absolue incarnée par Louis XVI est désormais encadrée par une constitution en préparation, marquant la transition vers une monarchie constitutionnelle. La nouvelle France se définit aussi par une réorganisation administrative et territoriale, avec la création des départements et la mise en place d’une justice plus uniforme. Sur le plan symbolique, la prise de la Bastille et les grandes journées révolutionnaires affirment la puissance du peuple comme acteur politique. Cette nouvelle France est donc à la fois une rupture avec l’Ancien Régime et le début d’un projet politique inédit, fondé sur la participation citoyenne et la recherche d’un ordre social plus juste.
La chute de la Monarchie

La chute de la Monarchie
La chute de la monarchie française se produit le 10 août 1792 lors de l’insurrection parisienne contre le pouvoir royal. Les tensions accumulées depuis la fuite de Louis XVI et son arrestation à Varennes en juin 1791, ainsi que la défiance croissante envers la monarchie constitutionnelle, nourrissent un climat explosif. La guerre contre l’Autriche et la Prusse, les difficultés économiques et la peur d’une trahison du roi accentuent la colère populaire. Les sections parisiennes, soutenues par les fédérés venus de province, marchent sur le palais des Tuileries. Après des combats violents, la garde suisse est écrasée et le roi est contraint de se réfugier auprès de l’Assemblée législative. Cet événement marque la fin de la monarchie en France et ouvre la voie à la proclamation de la République le 21 septembre 1792. La chute de la monarchie symbolise la rupture définitive avec l’Ancien Régime et l’affirmation de la souveraineté populaire.
La République jacobine

La République jacobine
La République jacobine s’impose entre 1792 et 1794 dans un contexte de guerre extérieure et de tensions intérieures. Après la chute de la monarchie et la proclamation de la République, les Montagnards dominent la Convention nationale et instaurent un régime centralisé et autoritaire. Sous l’influence de figures comme Maximilien Robespierre, Georges Danton et Jean-Paul Marat, la République jacobine se caractérise par l’usage de la Terreur pour défendre la Révolution contre ses ennemis intérieurs et extérieurs. Les comités, notamment le Comité de salut public, concentrent les pouvoirs exécutifs et législatifs afin de garantir l’efficacité des décisions. Sur le plan social, des mesures radicales sont prises pour instaurer une égalité plus concrète, comme le contrôle des prix, la réquisition des biens et la mobilisation générale. Sur le plan idéologique, la République jacobine affirme la souveraineté populaire et la primauté de la nation sur les privilèges individuels. Ce régime, marqué par la violence politique et les exécutions massives, s’achève avec la chute de Robespierre le 27 juillet 1794, lors du coup de Thermidor, ouvrant la voie à une République plus modérée.
La terreur

La terreur
La Terreur s’étend de 1793 à 1794 et constitue la phase la plus radicale de la Révolution française. Elle est instaurée par la Convention nationale dominée par les Montagnards et mise en œuvre par le Comité de salut public dirigé notamment par Maximilien Robespierre, Georges Couthon et Louis Antoine de Saint-Just. Ce régime exceptionnel vise à défendre la République menacée par les guerres extérieures contre les monarchies européennes et par les insurrections intérieures comme la révolte de la Vendée. La Terreur se traduit par une centralisation du pouvoir, l’usage de tribunaux révolutionnaires et une politique de répression massive contre les ennemis de la Révolution. Des milliers de personnes sont exécutées, parmi elles des figures comme Georges Danton ou Camille Desmoulins, accusées de modérantisme. Sur le plan social et économique, des mesures radicales sont prises, telles que le maximum des prix et la réquisition des biens, afin de répondre aux besoins du peuple et de l’armée. Sur le plan idéologique, la Terreur se présente comme un moyen de réaliser la vertu républicaine par la force et d’assurer la survie de la Révolution. Elle prend fin avec la chute de Robespierre le 27 juillet 1794 lors du coup de Thermidor, ouvrant une période plus modérée.
La conjuration du 9 thermidor

La conjuration du 9 thermidor
Conjuration du 9 Thermidor
La conjuration du 9 Thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, marque la chute de la dictature jacobine et la fin de la Terreur. Les députés de la Convention nationale, inquiets de l’emprise croissante de Maximilien Robespierre, de son autorité au sein du Comité de salut public et de ses discours accusateurs, décident de s’unir contre lui. Menés par des figures comme Jean-Lambert Tallien, Joseph Fouché et Paul Barras, ils organisent une coalition de députés modérés et anciens partisans de la Montagne. Au cours de la séance du 9 Thermidor, Robespierre, son frère Augustin Robespierre, ainsi que Louis Antoine de Saint-Just et Georges Couthon sont arrêtés après une confrontation houleuse. Le lendemain, ils sont exécutés sans procès, marquant la fin du gouvernement révolutionnaire fondé sur la Terreur. La conjuration du 9 Thermidor ouvre une nouvelle phase politique, dite la Réaction thermidorienne, caractérisée par un retour à plus de modération, la dissolution des clubs jacobins et la répression des sans-culottes. Cet événement symbolise la victoire des députés contre la concentration du pouvoir et la volonté de rééquilibrer la Révolution.
Le Directoire

Le Directoire
Le Directoire est le régime politique qui gouverne la France de 1795 à 1799, après la chute de la Terreur et la fin de la Convention nationale. Il est instauré par la Constitution de l’an III, qui établit un exécutif collégial composé de cinq directeurs, choisis par les deux assemblées législatives, le Conseil des Cinq-cents et le Conseil des Anciens. Ce système vise à éviter la concentration du pouvoir et à garantir un équilibre institutionnel. Sur le plan politique, le Directoire se caractérise par une instabilité chronique, marquée par des coups de force, des complots royalistes et jacobins, et une dépendance croissante envers l’armée. Sur le plan social et économique, il doit faire face à une crise financière persistante, à la misère populaire et à la spéculation, ce qui alimente le mécontentement. Sur le plan militaire, les victoires des généraux, notamment Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Italie, renforcent l’influence de l’armée et fragilisent l’autorité civile. Sur le plan idéologique, le Directoire incarne une République modérée, rejetant les excès de la Terreur mais incapable de stabiliser durablement le pays. Il prend fin avec le coup d’État du 18 Brumaire an VIII, le 9 novembre 1799, qui porte Napoléon au pouvoir et ouvre la période du Consulat.
Les courants politiques

Pendant la Révolution française, plusieurs courants politiques émergent et s’affrontent au sein des assemblées et dans la rue. Les Jacobins, regroupés autour du club du même nom, défendent une République centralisée et radicale, fondée sur la souveraineté populaire et l’usage de la Terreur pour protéger la Révolution. Les Montagnards, proches des Jacobins, dominent la Convention et s’appuient sur le soutien des sans-culottes pour imposer des mesures sociales et économiques fortes. Les Girondins, plus modérés, favorisent une République libérale et décentralisée, mais sont éliminés en 1793 par les Montagnards. Les Feuillants, issus d’une scission des Jacobins en 1791, soutiennent une monarchie constitutionnelle et cherchent à limiter les excès révolutionnaires. Les Royalistes, partisans du retour à la monarchie absolue ou constitutionnelle, restent actifs dans les complots et les insurrections contre la République. Enfin, les Sans-culottes, mouvement populaire urbain, exercent une pression constante sur les assemblées par leurs revendications égalitaires et leur mobilisation dans les journées révolutionnaires. Ces courants politiques traduisent la diversité des visions de la Révolution et expliquent l’instabilité institutionnelle qui caractérise la période.
le calendrier révolutionnaire


 

Le calendrier révolutionnaire, appelé aussi calendrier républicain, est instauré par la Convention nationale et entre en vigueur le 15 vendémiaire an II, soit le 6 octobre 1793. Il prend pour point de départ le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République, considéré comme le premier jour de l’ère des Français. Ce calendrier vise à rompre avec l’héritage chrétien et monarchique du calendrier grégorien et à instaurer une mesure du temps fondée sur la rationalité et le système décimal. L’année est divisée en douze mois de trente jours chacun, portant des noms inspirés des saisons et de la nature, créés par Fabre d’Églantine. Les mois d’automne sont Vendémiaire, Brumaire, Frimaire ; ceux d’hiver Nivôse, Pluviôse, Ventôse ; ceux de printemps Germinal, Floréal, Prairial ; ceux d’été Messidor, Thermidor, Fructidor. Chaque mois est découpé en trois décades de dix jours, le dixième jour, appelé décadi, étant consacré au repos. Pour compléter l’année solaire, cinq jours supplémentaires appelés sans-culottides sont ajoutés, consacrés à des fêtes républicaines comme la vertu, le travail ou la génie, et un sixième jour est prévu les années sextiles. Le calendrier révolutionnaire est utilisé jusqu’au 1er janvier 1806, date à laquelle Napoléon Ier le supprime pour des raisons pratiques et politiques, rétablissant le calendrier grégorien.
La Marseillaise


 

 La Marseillaise est le chant révolutionnaire devenu hymne national français. Elle est composée en avril 1792 par Claude Joseph Rouget de Lisle, officier du génie, à Strasbourg, dans le contexte de la guerre déclarée à l’Autriche. Intitulée à l’origine Chant de guerre pour l’armée du Rhin, elle est rapidement adoptée par les volontaires marseillais qui la chantent en montant à Paris, ce qui lui donne son nom. Le texte appelle les citoyens à se lever contre la tyrannie et à défendre la patrie menacée, incarnant l’esprit de la Révolution et l’union du peuple face aux ennemis. La Marseillaise devient un symbole puissant de la République et de la liberté, associée à la ferveur patriotique et à la lutte contre l’oppression. Elle est déclarée hymne national en 1795, puis connaît des périodes d’interdiction sous l’Empire et la Restauration, avant d’être définitivement consacrée comme hymne officiel de la France en 1879. Aujourd’hui, elle reste l’un des chants les plus emblématiques de l’histoire française et un symbole universel de résistance et de liberté.
Maximilien de Robespierre (1758-94)

Maximilien de Robespierre est né le 6 mai 1758 à Arras et mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris. Avocat de formation, il devint l’une des figures majeures et les plus controversées de la Révolution française, surnommé l’Incorruptible pour sa rigueur morale et son refus du luxe.

Né dans une famille de robins et de marchands, Maximilien de Robespierre perdit sa mère très jeune et fut délaissé par son père. Élève brillant, il obtint une bourse pour le collège Louis-le-Grand à Paris où il côtoya Camille Desmoulins. Devenu avocat en 1781, il se fit remarquer par ses critiques contre les privilèges et le clientélisme. En 1789, il fut élu député du Tiers État aux États généraux et participa activement à l’Assemblée constituante. Il défendit l’égalité des droits, le suffrage universel masculin, l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort, ainsi que l’intégration des juifs et des comédiens dans la citoyenneté.
Durant la Révolution, Robespierre s’imposa comme chef du club des Jacobins et membre influent du groupe des Montagnards. Il vota la mort du roi Louis XVI et s’opposa aux Girondins. En juillet 1793, il entra au Comité de salut public, organe central du gouvernement révolutionnaire. Sous son influence, le Comité instaura la Terreur, période marquée par une politique de répression et de surveillance destinée à protéger la République contre ses ennemis. Des milliers de personnes furent exécutées comme suspects de contre-révolution.
En tant que président de la Convention nationale en juin 1794, Robespierre incarna l’autorité révolutionnaire. Son austérité et sa vision d’une République vertueuse lui valurent autant d’admiration que de haine. Ses discours mettaient en avant la souveraineté du peuple et la nécessité d’une morale publique stricte. Cependant, son intransigeance et la radicalisation de la Terreur provoquèrent des tensions au sein même du Comité. Le 9 thermidor an II, il fut arrêté avec ses proches, dont son frère Augustin de Robespierre, puis exécuté le lendemain. Sa mort marqua la fin de la Terreur et ouvrit une nouvelle phase de la Révolution.
Ainsi, Maximilien de Robespierre joua un rôle central comme défenseur des idéaux démocratiques et de l’égalité, mais aussi comme acteur majeur de la Terreur, laissant une image ambivalente entre idéalisme révolutionnaire et excès autoritaire.

Georges Danton (1759-94)

Georges Jacques Danton est né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube et mort guillotiné le 5 avril 1794 à Paris. Avocat au Conseil du Roi, il devint l’une des figures majeures de la Révolution française, reconnu pour son énergie, son éloquence et son rôle décisif dans les moments critiques de la République.

Issu d’une famille bourgeoise, Georges Danton fit ses études chez les Oratoriens de Troyes puis en droit à Paris. En 1787, il acheta une charge d’avocat au Conseil du Roi, ce qui lui assura une position confortable. Dès 1789, il s’engagea dans la Révolution et se fit remarquer par ses discours enflammés. Fondateur et président du club des Cordeliers en 1790, il gagna rapidement une grande popularité auprès du peuple parisien grâce à son talent d’orateur et son tempérament vigoureux.
Après la fuite du roi Louis XVI à Varennes et la fusillade du Champ-de-Mars en 1791, Danton dut s’exiler en Grande-Bretagne. De retour, il devint substitut du procureur de la Commune de Paris et s’imposa comme une figure montante des Jacobins. Son rôle fut déterminant lors de la journée du 10 août 1792 qui entraîna la chute de la monarchie. Nommé ministre de la Justice, il incarna la mobilisation nationale face à l’invasion prussienne et galvanisa les énergies par son célèbre mot d’ordre « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ».
Membre du Conseil exécutif puis du Comité de salut public en 1793, Danton participa à l’organisation du gouvernement révolutionnaire. Toutefois, il adopta une position plus modérée que Maximilien de Robespierre, appelant à mettre fin aux excès de la Terreur et à rechercher la réconciliation nationale. Accusé de corruption et de complaisance envers les ennemis de la République, il fut arrêté avec ses proches compagnons, dont Camille Desmoulins, et condamné à mort. Sa dernière déclaration sur l’échafaud, « N’oubliez pas de montrer ma tête au peuple, elle en vaut la peine », illustra son sens du panache.
Ainsi, Georges Danton fut un acteur essentiel de la Révolution française, chef populaire et ministre de la Justice, qui contribua à sauver la République en 1792 mais finit victime des luttes internes et de la radicalisation de la Terreur.