Grands Peintres - De Giotto à Veermer

Peintres - De Giotto à Veermer

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Illustration  

Un art avant tout religieux
La peinture du XVème siècle est dominée par la dimension religieuse. Les commandes proviennent principalement des institutions ecclésiastiques et des mécènes liés à la foi. Les artistes mettent leur talent au service de la représentation des épisodes bibliques, des saints et de la Vierge. Les fresques, retables et enluminures visent à instruire et émouvoir les fidèles. En Italie, Fra Angelico illustre la spiritualité par des compositions lumineuses et apaisées. En Flandre, Jan van Eyck et Rogier van der Weyden perfectionnent l’art du détail et de la profondeur pour magnifier les scènes sacrées. En Espagne, Bartolomé Bermejo traduit la ferveur religieuse dans des œuvres marquées par le réalisme. En France, Jean Fouquet unit tradition gothique et innovations renaissantes dans ses miniatures. Cet art est avant tout un instrument de dévotion et de pédagogie, où la beauté sert la foi et la contemplation.

La Renaissance
La Renaissance est une période de renouveau artistique et intellectuel qui s’étend du XIVe au XVIe siècle. Elle naît en Italie dans des cités comme Florence, Rome et Venise, où le mécénat des Médicis et des papes favorise l’émergence d’artistes majeurs.
 Ce mouvement s’appuie sur la redécouverte des textes antiques, le développement de l’humanisme et les progrès techniques. L’art de la Renaissance se distingue par la perspective linéaire, le réalisme anatomique, la lumière naturelle, la monumentalité des compositions et la valorisation de l’individu. Le peintre devient intellectuel et théoricien. Les sujets religieux restent dominants mais s’enrichissent de mythologie gréco-romaine, de scènes profanes, de portraits et de paysages. Les Å“uvres ne sont plus réservées aux églises mais décorent aussi les palais et les maisons bourgeoises. Giotto initie le réalisme et la profondeur. Masaccio introduit la perspective. Léonard de Vinci incarne l’artiste-scientifique. Michel-Ange sublime le corps humain dans la Chapelle Sixtine. Raphaël incarne l’harmonie et la grâce. Titien, Véronèse et Le Tintoret développent la couleur et le mouvement à Venise. Dürer et Holbein diffusent l’art renaissant en Europe du Nord. La peinture à l’huile remplace la tempera. La gravure se développe. L’architecture s’inspire des ordres antiques. La sculpture retrouve les proportions classiques. L’imprimerie favorise la diffusion des idées. La Renaissance marque la fin du Moyen Âge et le début des Temps modernes. Elle prépare les révolutions scientifiques, philosophiques et politiques à venir. L’artiste devient créateur autonome, porteur de sens et de beauté.

Le XVIIème Siècle :
Le XVIIe siècle est marqué par l’affirmation du baroque et du classicisme dans un contexte de conflits religieux, de centralisation monarchique et d’essor des académies.
L’art devient un instrument de pouvoir, de foi et de prestige. En Italie, le baroque triomphe avec Caravage, maître du clair-obscur, qui impose un réalisme dramatique et une tension spirituelle. Bernin et Borromini transposent cette dynamique dans l’architecture et la sculpture. En Espagne, Velázquez peint la cour avec une subtilité psychologique inédite, tandis que Zurbarán et Murillo illustrent la ferveur catholique. Aux Pays-Bas, le protestantisme favorise une peinture profane et intimiste. Rembrandt explore la lumière intérieure, Vermeer sublime les scènes domestiques, Frans Hals capte l’instant. En France, le classicisme s’impose avec Poussin, Le Brun et Le Lorrain. L’art devient rationnel, structuré, porteur de valeurs morales. L’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648, codifie les règles et hiérarchise les genres. Le roi Louis XIV utilise l’art pour glorifier son règne. Versailles devient le symbole du pouvoir absolu. La peinture religieuse reste dominante mais s’ouvre à l’histoire, au paysage, au portrait et à la nature morte. Le marché de l’art se développe, les collectionneurs se multiplient. Le XVIIe siècle est aussi celui des grandes commandes publiques, des décors monumentaux, des retables et des plafonds peints. L’artiste est à la fois serviteur du pouvoir et créateur autonome. L’art devient un langage universel, capable d’émouvoir, d’instruire et de convaincre.
 

Giotto Di Bondone (1266-1337)
Giotto di Bondone, né en 1266 ou 1267 à Vespignano dans la République florentine et mort le 8 janvier 1337 à Florence, est un peintre, sculpteur et architecte italien considéré comme l’un des fondateurs de la peinture occidentale moderne. Élève du maître Cimabue, il rompt avec l’esthétique byzantine dominante pour introduire une représentation plus naturelle de l’espace, des émotions et du volume, amorçant ainsi la transition vers la Pré-Renaissance. Actif à Assise, Rome, Padoue, Florence, Rimini, Naples et Milan, il réalise des cycles de fresques majeurs, notamment ceux de la basilique Saint‑François d’Assise, de la chapelle des Scrovegni à Padoue (1303‑1305) et de Santa Croce à Florence. Son œuvre, admirée par Dante, Boccace et Pétrarque, marque une rupture décisive dans l’histoire de l’art par sa «naturalezza», sa narration claire et son sens de la composition. À la fin de sa vie, la République florentine lui confie la charge de capomastro du Duomo, pour lequel il conçoit le célèbre campanile de Florence
 
Jan Van Eyck (v 1390-1441)
Peintre flamand né vers 1390 à Maaseik et mort à Bruges en 1441, Jan van Eyck est une figure majeure de la peinture primitive flamande et du gothique tardif.
Actif à la cour de Jean de Bavière puis au service de Philippe le Bon, il est reconnu pour avoir perfectionné la technique de la peinture à l’huile, atteignant un degré de naturalisme et de précision inégalé. Il est l’un des premiers artistes à signer ses œuvres. Son style se caractérise par une minutie extrême dans le rendu des textures, des visages et des objets, souvent porteurs de symboles religieux dissimulés. Il est l’auteur de portraits célèbres comme L’Homme au turban rouge (1433) et de scènes religieuses telles que La Vierge du chancelier Rolin et La Vierge au chanoine Van der Paele. Il achève en 1432 le retable de L’Agneau mystique à Gand, commencé par son frère Hubert. Il participe à des missions diplomatiques pour le duc de Bourgogne, notamment en Espagne et au Portugal. Son œuvre marque une rupture avec l’art médiéval par son réalisme et son usage innovant de la lumière, influençant durablement la peinture européenne

Jérôme Bosch (v.1450-1516)
Peintre né vers 1450 à Bois-le-Duc et mort dans la même ville en 1516, Jérôme Bosch est une figure singulière de la peinture flamande, célèbre pour son univers fantastique et moralement chargé.
Issu d’une famille de peintres, il adopte le nom abrégé de sa ville natale comme pseudonyme. Membre de la Confrérie de Notre-Dame, il bénéficie de commandes prestigieuses et d’une reconnaissance rapide auprès des élites européennes. Son œuvre se distingue par une iconographie hallucinée mêlant visions religieuses, satire sociale, folklore, alchimie et astrologie. Il peint des mondes peuplés de créatures hybrides, de monstres grotesques et de symboles ambigus, souvent organisés en triptyques. Sa technique alla prima et son usage de fonds sombres renforcent l’intensité dramatique de ses compositions. Parmi ses œuvres majeures figurent Le Jardin des délices, La Nef des fous, Le Chariot de foin, Le Jugement dernier et La Tentation de saint Antoine. Son art, à la croisée du gothique tardif et de la Renaissance, exprime une critique acerbe des passions humaines et de la corruption morale, tout en ouvrant un espace pictural libre et énigmatique. Il influence durablement les surréalistes du XXe siècle et reste une énigme interprétative majeure de l’histoire de l’art.

 

Albrecht Dürer (1471-1528)
Albrecht Dürer
est un artiste allemand né à Nuremberg en 1471 et mort dans la même ville en 1528. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres et graveurs de la Renaissance nordique. Fils d’un orfèvre originaire de Hongrie, il apprend très tôt le dessin et la gravure dans l’atelier paternel puis chez le peintre Michael Wolgemut à Nuremberg.
Il voyage en Europe notamment à Bâle, Strasbourg, Venise et les Pays-Bas, où il découvre l’art italien et les principes de la perspective et des proportions idéales. Influencé par Mantegna, Bellini et Léonard de Vinci, il intègre les motifs classiques dans l’art germanique et développe une œuvre mêlant rigueur mathématique et sens du détail.
Il excelle dans la gravure sur bois et sur cuivre avec des œuvres majeures comme Le Chevalier, la Mort et le Diable, Saint Jérôme dans sa cellule et Melencolia I. Ses aquarelles font de lui l’un des premiers paysagistes européens.
Il rédige aussi des traités sur la géométrie, la perspective et les proportions du corps humain. Il est soutenu par l’empereur Maximilien Ier et signe ses œuvres d’un monogramme célèbre A surmontant un D. Son œuvre allie science et spiritualité et marque profondément l’histoire de l’art occidental.



Piero Della Francesca (v 1416-92)
Piero della Francesca
est né vers 1416 à Sansepolcro en Toscane et mort en 1492 dans la même ville.
Piero di Benedetto de Franceschi
dit Piero della Francesca naît dans une famille aisée son père est marchand d’étoffes et sa mère issue de la noblesse il reçoit une éducation soignée incluant algèbre géométrie et comptabilité ce qui nourrit son double profil de peintre et de mathématicien il apprend d’abord auprès d’Antonio di Anghiari puis devient apprenti vers 1435 chez Domenico Veneziano à Florence en 1439 il collabore avec lui aux fresques de Sant’Egidio aujourd’hui détruites en 1442 il revient à Sansepolcro où il est élu au conseil communal en 1445 il reçoit la commande du Polyptyque de la Miséricorde pour l’église locale sa renommée croissante l’amène à travailler dans les cours d’Urbino Ferrare Bologne et Ancône en 1451 il est appelé à Rimini par Sigismondo Malatesta pour décorer la chapelle des reliques du Temple Malatesta
À partir de 1452 il réalise à Arezzo son œuvre majeure les fresques de la basilique San Francesco sur la Légende de la Vraie Croix ce cycle monumental illustre sa maîtrise de la perspective et de la lumière il poursuit ses travaux dans diverses villes notamment Rome où il peint pour Pie II au Vatican et Urbino où il devient proche du duc Federico da Montefeltro il compose aussi des traités mathématiques dont De prospectiva pingendi qui expose les principes de la perspective appliquée à la peinture
Son style associe rigueur géométrique monumentalité des personnages et lumière claire influencé par Masaccio Fra Angelico Domenico Veneziano et Rogier van der Weyden il développe une peinture immobile solennelle et profondément humaine Giorgio Vasari et Luca Pacioli le reconnaissent comme maître de la perspective aux côtés de Melozzo da Forlì son influence marque l’école vénitienne ainsi que des architectes comme Bramante et Raphaël
Piero della Francesca
incarne la figure du peintre mathématicien de la Renaissance italienne sa recherche de perfection formelle et lumineuse fait de lui un des grands maîtres du Quattrocento son héritage artistique et théorique demeure essentiel dans l’histoire de l’art
 

 

 

 

Fra Angelico (V. 1400-55)
Fra Angelico
né Guido di Pietro vers 1400 à Vicchio dans le Mugello près de Florence mort en 1455 à Rome est un peintre italien du Quattrocento dominicain connu pour la profondeur spirituelle et la clarté lumineuse de ses œuvres
Guido di Pietro
est mentionné pour la première fois en 1417 comme peintre puis il entre au couvent San Domenico de Fiesole où il prend le nom de Fra Giovanni et devient prêtre en 1427 Ses contemporains le surnomment Fra Angelico en raison de la religiosité et de la douceur de son art Il est lié au prieur Antonino Pierozzi futur archevêque de Florence Dès les années 1420 il réalise des retables et manuscrits enluminés À partir de 1438 il travaille au couvent San Marco de Florence restauré par Michelozzo sous l’impulsion de Cosme de Médicis et y peint un cycle de fresques destiné à la méditation des moines
Fra Angelico
est appelé en 1445 à Rome par le pape Eugène IV pour décorer la chapelle du Sacrement au Vatican Il poursuit ensuite ses travaux sous Nicolas V notamment dans la chapelle Nicoline Son style associe les principes de la Renaissance comme la perspective et la représentation réaliste des figures humaines à la tradition médiévale de la lumière mystique et de la fonction didactique de l’image Ses œuvres majeures comprennent l’Annonciation de San Marco et de Cortone ainsi que de nombreux retables et fresques
Il est décrit par Giorgio Vasari comme un artiste rare et parfait qui ne prenait jamais ses pinceaux sans prier Après sa mort il est vénéré comme Beato Angelico et béatifié en 1982 par Jean Paul II sous le nom de Bienheureux Jean de Fiesole Sa tombe se trouve dans la basilique Santa Maria sopra Minerva à Rome Fra Angelico reste une figure essentielle de la première Renaissance italienne et un modèle d’union entre art et spiritualité

  
Le Tintoret (1518-94)
Le Tintoret
né Jacopo Robusti en 1518 ou 1519 à Venise mort le 31 mai 1594 dans la même ville est un peintre majeur de la Renaissance italienne associé au courant du maniérisme
Fils du teinturier Battista Robusti il reçoit le surnom de Tintoretto signifiant petit teinturier en raison de l’activité paternelle Son enfance baigne dans l’univers des pigments et des couleurs Il aurait été brièvement élève de Titien mais leur relation conflictuelle l’amène à développer un style personnel
Il ouvre son atelier à Venise en 1538 et commence par décorer des meubles et des lambris avant de se consacrer à la peinture religieuse et historique Son style se caractérise par des compositions dramatiques une utilisation audacieuse de la lumière et des figures musclées en mouvement
Il est influencé par le dessin de Michel-Ange et la couleur de Titien comme en témoigne la devise qu’il aurait inscrite dans son atelier Il réalise de nombreuses œuvres pour les églises et les confréries vénitiennes notamment pour la Scuola Grande di San Rocco où il peint un vaste cycle de fresques
Parmi ses œuvres majeures figurent Le Paradis au Palais des Doges Suzanne et les vieillards et Saint Georges et le dragon Il est surnommé Il Furioso pour son énergie picturale et sa rapidité d’exécution
Il meurt à Venise en 1594 et est enterré dans l’église de la Madonna dell’Orto qu’il avait décorée Le Tintoret est considéré comme un précurseur de l’art baroque et un maître de la peinture vénitienne du XVIe siècle

 

Pieter Bruegel l'Ancien (V. 1525-69)
Pieter Bruegel l'Ancien
naît vers 1525 probablement près de Breda dans les anciens Pays-Bas espagnols bien que le lieu exact reste incertain il est actif à Anvers dès 1551 où il devient maître de la guilde de Saint-Luc il voyage en Italie entre 1552 et 1553 jusqu’à Rome réalisant des dessins de paysages alpins et siciliens qui influenceront son œuvre à son retour il travaille pour l’éditeur Hieronymus Cock et se lie avec le marchand Hans Franckert avec qui il fréquente les fêtes villageoises déguisé en paysan pour observer les mœurs rustiques il épouse en 1563 la fille de Pieter Coecke van Aelst son ancien maître et s’installe à Bruxelles où il meurt le 9 septembre 1569 il est le père de Pieter Bruegel le Jeune et de Jan Bruegel l’Ancien tous deux peintres son œuvre se distingue par une vision satirique et philosophique du monde inspirée de Bosch mais plus humaniste il peint des scènes de la vie paysanne comme Les Chasseurs dans la neige ou Le Repas de noces mais aussi des allégories morales comme La Parabole des aveugles ou La Tour de Babel son style mêle observation minutieuse du réel et symbolisme profond influencé par Érasme Lucrèce et Héraclite il est considéré comme l’un des maîtres de la Renaissance flamande
 
  Titien (1488-1576)
Titien
né entre 1488 et 1490 à Pieve di Cadore dans la république de Venise est issu d’une famille aisée son père Gregorio Vecellio exerce des fonctions publiques dès l’âge de dix ans Titien est envoyé à Venise où il commence sa formation chez le mosaïste Sebastiano Zuccato puis entre dans l’atelier de Gentile Bellini et surtout de Giovanni Bellini il se lie d’amitié avec Giorgione avec qui il collabore notamment aux fresques du Fondaco dei Tedeschi en 1508 après la mort de Giorgione en 1510 Titien devient son héritier artistique et termine plusieurs de ses œuvres en 1511 il peint des fresques à Padoue et en 1516 succède à Giovanni Bellini comme peintre officiel de la république de Venise son atelier attire de nombreux artistes dont Le Tintoret et Le Greco il épouse Cecilia Soldano en 1525 avec qui il a trois enfants dont Pomponio et Orazio il fréquente les cours de Ferrare Mantoue et Urbin et devient le portraitiste des princes en 1530 il peint Charles Quint à Bologne puis à Augsbourg en 1548 où il est nommé comte et chevalier il travaille aussi pour Paul III Farnèse et entretient une amitié avec L’Arétin et Sansovino en 1545 il séjourne à Rome accueilli par Michel-Ange son œuvre couvre les genres religieux mythologiques et profanes avec une maîtrise exceptionnelle du coloris il meurt à Venise le 27 août 1576 victime de la peste et est enterré à Santa Maria dei Frari sa peinture influence durablement Rubens Velázquez et les maîtres du XVIIe siècle
  Raphaël Sanzio (1483-1520)
Raphaël Sanzio né le 6 avril 1483 à Urbino dans les Marches italiennes est le fils du peintre Giovanni Santi il se forme très jeune dans l’atelier du Pérugin à Pérouse où il développe un style clair harmonieux et équilibré dès 1504 il s’installe à Florence influencé par Léonard de Vinci Michel-Ange et Botticelli il y peint de nombreuses madones et portraits marqués par la grâce et la douceur en 1508 il est appelé à Rome par le pape Jules II pour décorer les Chambres du Vatican notamment la célèbre fresque de L’École d’Athènes qui incarne l’idéal humaniste de la Renaissance il devient ensuite architecte en chef de la basilique Saint-Pierre sous le pontificat de Léon X et réalise aussi des tapisseries pour la Chapelle Sixtine son atelier très structuré produit de nombreuses œuvres à partir de ses dessins il entretient une relation avec Margherita Luti représentée dans La Fornarina il meurt prématurément à Rome le 6 avril 1520 à l’âge de 37 ans laissant inachevée La Transfiguration son influence est immense sur les académies des beaux-arts et sur des artistes comme Giulio Romano Nicolas Poussin et Ingres il est enterré au Panthéon de Rome considéré comme l’un des maîtres absolus de la Haute Renaissance pour sa capacité à incarner l’idéal néoplatonicien de la grandeur humaine
  Michel-Ange Buonarroti (1475-1564)
Michel-Ange Buonarroti
né le 6 mars 1475 à Caprese en Toscane est élevé à Florence où il entre très jeune dans l’atelier de Domenico Ghirlandaio puis est accueilli au jardin des Médicis par Lorenzo de Médicis qui lui ouvre les portes de l’humanisme florentin influencé par Marsile Ficin et Savonarole il sculpte dès 1496 à Rome la célèbre Pietà pour Saint-Pierre puis revient à Florence où il réalise le monumental David en marbre en 1504 en 1508 il est appelé par le pape Jules II pour peindre la voûte de la Chapelle Sixtine qu’il achève en 1512 avec plus de trois cents figures bibliques dans une composition cosmique et tourmentée en 1536 il revient pour peindre le Jugement dernier sur le mur d’autel dans un style plus dramatique marqué par la crise religieuse et personnelle il est aussi architecte du tombeau de Jules II du projet de Saint-Pierre de Rome et du palais des Médicis à Florence son œuvre sculptée peinte et architecturale incarne la puissance expressive du corps humain et la tension spirituelle de la Renaissance il meurt à Rome le 18 février 1564 et est enterré à Santa Croce à Florence considéré comme l’un des plus grands génies de l’art occidental.
  Caravage (v.1571-1610)
Caravage né le 29 septembre 1571 à Milan sous le nom de Michelangelo Merisi da Caravaggio est formé auprès de Simone Peterzano à partir de 1584 puis s’installe à Rome vers 1592 où il débute comme assistant du peintre Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin il se fait remarquer par des œuvres de jeunesse comme Garçon avec un panier de fruits ou Les Musiciens et attire l’attention du cardinal Francesco Maria del Monte qui devient son mécène grâce à lui il reçoit des commandes prestigieuses pour les églises romaines notamment La Vocation de saint Matthieu et La Conversion de saint Paul ses tableaux révolutionnent la peinture par l’usage dramatique du clair-obscur et le réalisme parfois brutal de ses figures il connaît une célébrité fulgurante au début des années 1600 mais son tempérament violent le conduit à de nombreux démêlés judiciaires en 1606 il tue en duel Ranuccio Tomassoni et doit fuir Rome il mène ensuite une vie errante entre Naples Malte et la Sicile poursuivant son œuvre avec des chefs-d’œuvre comme La Décollation de saint Jean-Baptiste ou La Résurrection de Lazare en 1608 il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem mais en est rapidement exclu à cause de ses excès en 1610 il tente de revenir à Rome pour obtenir la grâce pontificale mais meurt le 18 juillet à Porto Ercole à l’âge de 38 ans probablement des suites de la malaria son style novateur influence durablement l’école caravagesque et des peintres tels que Rubens Rembrandt Georges de La Tour et Artemisia Gentileschi il est considéré comme l’un des grands maîtres du baroque dont l’art marie intensité dramatique et vérité humaine
  Nicolas Poussin (1594-1665)
Nicolas Poussin
né en juin 1594 au hameau de Villers près des Andelys en Normandie est le fils de Jean Poussin et de Marie de Laisement il montre très tôt un talent pour le dessin encouragé par le peintre Quentin Varin il se forme ensuite à Rouen auprès de Noël Jouvenet puis à Paris dans l’atelier de Georges Lallemand où il découvre les gravures d’après Raphaël et les décors de l’école de Fontainebleau vers 1622 il reçoit ses premières commandes religieuses et rencontre le poète italien Gian Battista Marino qui l’introduit dans les cercles artistiques romains en 1624 il part pour Rome où il s’installe définitivement il obtient la protection du cardinal Barberini et de Cassiano dal Pozzo et réalise des œuvres majeures comme Le Martyre de saint Erasme il développe un style classique nourri de références antiques et bibliques et privilégie les tableaux de chevalet destinés à des amateurs éclairés en 1630 il épouse Anne-Marie Dughet sœur du peintre Gaspard Dughet en 1640 il est appelé à Paris par Louis XIII et devient premier peintre du roi mais il préfère retourner à Rome en 1642 où il poursuit sa carrière jusqu’à sa mort le 19 novembre 1665 il est enterré dans la basilique San Lorenzo in Lucina son œuvre composée de plus de deux cents tableaux et de nombreux dessins illustre le classicisme français et exerce une influence durable sur des artistes comme Jacques-Louis David et Ingres considéré comme un peintre philosophe il incarne l’idéal de mesure et de raison dans l’art du XVIIe siècle
  Georges de la Tour (1593-1652)
  Peter Paul Rubens (1577-1640)
  Diego Velasquez (1599-1660)
  Jan Vermeer (1632, 75)
Jan Vermeer
né le 31 octobre 1632 à Delft est le fils de Reijnier Janszoon Vermeer aubergiste et marchand d’art et de Digna Baltus il grandit dans un milieu artisanal et commerçant qui lui donne accès au monde artistique il se forme probablement auprès de Leonaert Bramer ou de Carel Fabritius et en 1653 il est admis à la guilde de Saint-Luc de Delft la même année il épouse Catharina Bolnes issue d’une famille catholique aisée et s’installe dans la maison de sa belle-mère Maria Thins le couple aura quinze enfants dont plusieurs meurent en bas âge Vermeer peint environ trente-quatre œuvres connues aujourd’hui parmi lesquelles La Laitière La Jeune fille à la perle La Vue de Delft et L’Astronome il se spécialise dans les scènes de genre intimistes représentant des intérieurs domestiques baignés d’une lumière subtile et d’une atmosphère silencieuse son style influencé par l’école caravagesque d’Utrecht et par Pieter de Hooch se distingue par une maîtrise exceptionnelle de la perspective et du coloris il bénéficie du soutien de mécènes comme Pieter Claesz van Ruijven mais sa notoriété reste limitée à Delft et aux Provinces-Unies de son vivant en 1672 la guerre de Hollande provoque une crise économique qui affecte gravement le marché de l’art et plonge Vermeer dans des difficultés financières il meurt le 15 décembre 1675 à Delft à l’âge de 43 ans et est enterré dans l’Oude Kerk oublié après sa mort il est redécouvert au XIXe siècle grâce au critique Théophile Thoré-Burger et est aujourd’hui considéré avec Rembrandt et Frans Hals