Oiseaux en France

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Oiseaux en France et en Aquitaine

La situation des oiseaux en France montre un déclin marqué et continu, avec environ un tiers des espèces nicheuses désormais menacées selon la Liste rouge nationale, tandis que les suivis à long terme comme le programme STOC révèlent une baisse importante des populations d’oiseaux communs, en particulier ceux des milieux agricoles qui ont perdu près d’un tiers de leurs effectifs en trente ans, mais aussi des espèces urbaines affectées par la rénovation des bâtiments, la raréfaction des ressources alimentaires et la pollution ; les espèces les plus touchées incluent le Chardonneret élégant, la Tourterelle des bois, le Bruant ortolan, la Bécassine des marais ou encore la Pie‑grièche à poitrine rose, dont les déclins sont liés à l’intensification agricole, à la destruction des habitats, à l’artificialisation des milieux, à la dégradation des zones humides et aux effets du changement climatique, ce qui fait des oiseaux un indicateur majeur de la santé des écosystèmes et confirme que la biodiversité aviaire française traverse une crise profonde nécessitant des actions de conservation renforcées.

Situation des Oiseaux en Aquitaine / Nouvelle‑Aquitaine

La situation des oiseaux en Aquitaine montre un déclin marqué, similaire mais souvent plus accentué que la moyenne nationale, car la région concentre des milieux particulièrement sensibles comme les zones humides littorales, les landes, les vignobles et les grandes plaines agricoles ; les suivis régionaux indiquent une forte régression des oiseaux des milieux agricoles, notamment l’Alouette des champs, la Perdrix grise, la Tourterelle des bois et le Bruant proyer, en lien direct avec l’intensification agricole, la disparition des haies et l’usage massif de pesticides, tandis que les oiseaux des zones humides comme le Butor étoilé, le Blongios nain ou la Gorgebleue à miroir subissent la dégradation des marais, l’assèchement des roselières et la pression touristique sur le littoral ; les espèces forestières se maintiennent globalement mais certaines, comme le Pic mar ou le Gobemouche noir, montrent des déclins locaux liés à la simplification des massifs ; les espèces urbaines comme le Moineau domestique, le Martinet noir ou l’Hirondelle de fenêtre déclinent aussi dans les grandes agglomérations, notamment autour de Bordeaux, en raison de la rénovation des bâtiments, de la raréfaction des cavités et de la baisse des ressources alimentaires ; au total, la région présente un déclin généralisé, avec plusieurs espèces classées en enjeu fort ou très fort dans les listes rouges régionales, ce qui fait de l’Aquitaine une zone prioritaire pour la restauration des haies, des zones humides, des corridors écologiques et des habitats littoraux.

Espèces migratrices de passage en France

La France se situe sur trois grands axes migratoires européens — voie atlantique, voie méditerranéenne et voie continentale — ce qui en fait un territoire traversé chaque année par des millions d’oiseaux migrateurs. Parmi les espèces les plus emblématiques en migration de passage, on trouve de nombreux limicoles comme le Bécasseau variable (Calidris alpina), le Bécasseau maubèche (Calidris canutus), le Chevalier gambette (Tringa totanus), le Courlis cendré (Numenius arquata) et le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), qui utilisent les côtes atlantiques, les estuaires et les marais littoraux comme zones de halte. Les rapaces migrateurs sont également bien représentés, notamment le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), le Milan noir (Milvus migrans), le Circaète Jean‑le‑Blanc (Circaetus gallicus) et le Faucon kobez (Falco vespertinus), observables en passage dans le Sud‑Ouest et le couloir rhodanien. Les passereaux migrateurs constituent la majorité des flux, avec des espèces comme le Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca), la Fauvette grisette (Sylvia communis), la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), le Pipit des arbres (Anthus trivialis) ou encore le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), qui traversent massivement le pays au printemps et en automne. Les oiseaux marins effectuent aussi des passages spectaculaires, notamment le Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus), le Fou de Bassan (Morus bassanus) et les labbes du genre Stercorarius, visibles en migration postnuptiale le long des côtes atlantiques. Enfin, certaines espèces comme la Cigogne noire (Ciconia nigra), la Grue cendrée (Grus grus) ou le Pigeon colombin (Columba oenas) utilisent la France comme zone de transit majeure, avec des concentrations impressionnantes dans des sites clés comme le lac du Der, les cols pyrénéens ou les marais charentais.

 

 

Ordre

Espèces représentatives

Description

Galliformes
(env 10 esp)


1. Présence possible en France et en Gironde des Galliformes
2. Sociabilité et migration

Perdix perdixperdrix grise
Alectoris rufa
perdrix rouge
Phasianus colchicus
faisan de Colchide
 Coturnix coturnixcaille des blés
Lagopus muta
lagopède alpin
Tetrao urogallus
grand tétras
Lyrurus tetrix
tétras lyre
 Bonasa bonasiagélinotte des bois

 

Les Galliformes — ordre des oiseaux terrestres comprenant les Phasianidae (perdrix, faisans, gélinottes), Tetraonidae (tétras, lagopèdes), Odontophoridae (colins), et Numididae (pintades) — sont présents en France, avec une diversité modérée. Les espèces françaises comprennent la Perdrix grise, la Perdrix rouge, le Faisan de Colchide, la Caille des blés, le Grand Tétras, le Tétras lyre, le Lagopède alpin, et la Gélinotte des bois. Ils occupent les milieux agricoles, bocagers, landes, forêts montagnardes, garrigues, et les zones ouvertes. Les Galliformes tropicaux (pintades africaines, megapodes, francolins asiatiques) sont absents de France.

En Gironde, les Galliformes sont présents, mais limités aux espèces de plaine. Les plus fréquents sont la Perdrix rouge, la Perdrix grise (localement), le Faisan de Colchide, et la Caille des blés. Ils occupent les zones agricoles, lisières forestières, landes atlantiques, prairies, et les milieux bocagers. Les Galliformes montagnards (tétras, lagopèdes, gélinottes) sont absents, car la Gironde ne possède pas de milieux alpins ou subalpins. Aucun Galliforme n’occupe les plages atlantiques, les dunes, ni l’estuaire salé, car ils sont strictement terrestres.

Concernant la sociabilité, les Galliformes français sont semi‑sociaux. La Perdrix rouge et la Perdrix grise vivent en compagnies familiales en automne et hiver, puis en couples au printemps. Le Faisan de Colchide est polygame, avec un mâle dominant entouré de plusieurs femelles. La Caille des blés est solitaire ou en petits groupes lâches. Les Galliformes montagnards (tétras, lagopèdes) sont territoriaux, avec des parades et leks au printemps. Leur sociabilité est donc variable, allant du solitaire au petit groupe familial.
Concernant la migration, les Galliformes français sont sédentaires. La Perdrix rouge, la Perdrix grise, le Faisan, la Gélinotte, le Tétras lyre, et le Grand Tétras ne migrent pas. Ils effectuent seulement des déplacements locaux entre zones de nourrissage et de refuge. La Caille des blés est l’unique Galliforme français migrateur, effectuant une migration transsaharienne vers l’Afrique. Les autres Galliformes restent toute l’année dans leurs territoires. Leur migration est donc quasi nulle, sauf pour la Caille.

Ansériformes
(env 25 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Ansériformes
2. Sociabilité et migration

Anas platyrhynchoscanard colvert
Anas strepera
canard chipeau
Anas penelope
canard siffleur
 Anas acutacanard pilet
 Anas creccasarcelle d’hiver
 Anas querquedulasarcelle d’été
Anas clypeata
canard souchet
Aythya ferina
fuligule milouin



 Aythya fuligulafuligule morillon
Aythya marila
fuligule milouinan
Clangula hyemalis
harelde boréale
 Melanitta nigramacreuse noire
 Melanitta fuscamacreuse brune
 Somateria mollissimaeider à duvet
Branta bernicla
bernache cravant
 Cygnus olorcygne tuberculé 

Les Ansériformes — ordre regroupant les Anatidae (canards, oies, cygnes), les Anhimidae et les Anseranatidae — sont largement présents en France, aussi bien en eaux douces, zones humides, estuaires, que dans les milieux côtiers du Golfe de Gascogne, de la Manche, de la côte Atlantique, et de la Méditerranée. Les espèces françaises comprennent le Canard colvert, le Canard chipeau, le Canard siffleur, le Canard souchet, la Sarcelle d’hiver, la Sarcelle d’été, le Fuligule milouin, le Fuligule morillon, l’Eider à duvet, la Bernache cravant, l’Oie cendrée, l’Oie des moissons, le Cygne tuberculé, et le Cygne chanteur. Les Ansériformes occupent les lacs, étangs, marais, rivières, estuaires, lagunes, et les zones côtières en hiver.

En Gironde, les Ansériformes sont très présents, notamment dans l’estuaire de la Gironde, les marais du Médoc, les étangs landais, les zones humides forestières, et les réserves ornithologiques. Les espèces les plus fréquentes sont le Colvert, la Sarcelle d’hiver, le Canard souchet, le Canard chipeau, le Fuligule milouin, le Fuligule morillon, et la Bernache cravant en hivernage. Les oies sauvages (cendrées, rieuses, moissons) sont régulières en migration ou en halte. Les cygnes tuberculés sont présents dans les plans d’eau calmes. Les Ansériformes sont absents des plages atlantiques ouvertes, mais très présents dans les vasières, zones saumâtres, bras secondaires, et marais arrière‑littoraux.

Concernant la sociabilité, les Ansériformes sont fortement grégaires, surtout en hiver. Les canards de surface (colvert, chipeau, souchet, sarcelles) forment des groupes mixtes dans les zones humides. Les canards plongeurs (fuligules, eiders) se rassemblent en troupes compactes. Les oies sont hautement sociales, vivant en troupes familiales ou en bandes pouvant atteindre plusieurs centaines d’individus. Les cygnes sont plus territoriaux, mais peuvent former des groupes lâches en hiver. La sociabilité est donc élevée, surtout en période froide.
Concernant la migration, les Ansériformes français sont majoritairement migrateurs ou partiellement migrateurs. Les sarcelles, canards plongeurs, oies, bernaches, et cygnes chanteurs effectuent des migrations nord‑sud, venant d’Europe du Nord, de Russie, ou de Scandinavie pour hiverner en France. Les colverts sont sédentaires ou migrateurs courts selon les populations. Les oies sauvages effectuent des migrations longues, avec des haltes régulières en France. Les bernaches cravants hivernent sur les côtes atlantiques. Les cygnes tuberculés sont sédentaires. La migration des Ansériformes est donc très marquée, avec une forte présence hivernale en France et en Gironde.

Columbiformes
(env 6 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Columbiformes
2. Sociabilité et migration
 

Columba palumbuspigeon ramier
Columba livia
pigeon biset
Streptopelia decaocto
tourterelle turque Streptopelia turturtourterelle des bois

Les Columbiformes — pigeons et tourterelles — sont bien présents en France métropolitaine, avec six espèces régulières : le Pigeon ramier très commun dans les forêts, bocages et parcs ; le Pigeon biset omniprésent en ville ; la Tourterelle turque très commune en zones urbaines ; la Tourterelle des bois migratrice en déclin ; le Pigeon colombin discret et forestier ; et la Tourterelle rieuse introduite, localisée. En Gironde, toutes ces espèces sont présentes sauf la tourterelle rieuse qui reste occasionnelle. Le ramier est très commun dans les forêts atlantiques et bocages, le biset dans les villes (Bordeaux, CUB), la tourterelle turque partout en zones habitées, la tourterelle des bois dans les lisières du Médoc et du sud‑Gironde, le colombin dans les grandes forêts, et la rieuse seulement en observations isolées. Aucune espèce n’occupe les plages atlantiques ouvertes, mais plusieurs fréquentent les dunes fixées, les zones agricoles, les parcs et les jardins.

La sociabilité varie selon les espèces : le ramier est sociable en dortoirs mais territorial en reproduction ; le biset est très grégaire en colonies urbaines ; la tourterelle turque est semi‑sociable en couples ou petits groupes ; la tourterelle des bois est plutôt solitaire ; le colombin est discret et peu sociable ; la tourterelle rieuse est grégaire. La migration dépend aussi des espèces : le ramier est partiellement migrateur (sédentaire en Gironde) ; le biset est sédentaire ; la tourterelle turque est sédentaire ; la tourterelle des bois est migratrice longue distance vers le Sahel ; le colombin est partiellement migrateur ; la tourterelle rieuse est sédentaire. La Gironde accueille donc des sédentaires (ramier local, turque, biset, colombin) et une migratrice stricte (tourterelle des bois).

Procellariiformes
(env 10 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Procellariiformes
2. Sociabilité et migration

 

Fulmarus glacialisfulmar boréal
Calonectris diomedea
puffin cendré
 Calonectris borealispuffin des Baléares
 Puffinus puffinuspuffin des Anglais
Puffinus mauretanicus
puffin des Baléares
 Hydrobates pelagicusocéanite tempête


 

Les Procellariiformes — ordre des oiseaux marins pélagiques comprenant les Albatros, Pétrels, Océanites et Fulmars — sont présents en France métropolitaine, mais uniquement en milieu marin. Les espèces régulières incluent le Puffin des Baléares, le Puffin fuligineux, le Puffin majeur, le Puffin cendré, le Pétrel tempête, le Pétrel culblanc, et le Fulmar boréal. Les albatros sont rares, observés seulement en erratisme extrême dans l’Atlantique Nord. En Gironde, les Procellariiformes sont absents du littoral direct, car ils ne fréquentent jamais les côtes sableuses, les estuaires, ni les eaux côtières peu profondes. Ils sont uniquement visibles au large du Golfe de Gascogne, parfois observables depuis la côte lors de tempêtes atlantiques ou de coup de vent d’ouest, lorsque des puffins ou pétrels sont rabattus vers la terre. Aucun Procellariiforme ne niche en France métropolitaine : toutes les populations observées sont pélagiques, migratrices, ou erratiques.

Les Procellariiformes sont fortement grégaires en mer, formant des groupes de nourrissage, des files de vol, et des associations mixtes autour des zones de productivité (upwellings, fronts océaniques). Les puffins sont souvent en troupes compactes, les pétrels en petits groupes, et les fulmars en bandes lâches. Leur sociabilité est pélagique, jamais côtière. La migration est très marquée : le Puffin des Baléares effectue une migration post‑nuptiale vers l’Atlantique Nord ; le Puffin cendré migre vers l’Atlantique Sud ; le Fulmar boréal descend vers les eaux plus tempérées ; les pétrels tempête suivent les vents dominants et les courants océaniques. Les Procellariiformes ne se posent jamais à terre en France, sauf cas de fatigue, tempête, ou désorientation. Leur présence en Gironde est donc strictement marine, limitée aux observations offshore ou aux rabattements météorologiques.

Ciconiiformes
(2 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Ciconiiformes
2. Sociabilité et migration

 

Ciconia ciconiacigogne blanche
Ciconia nigra
cigogne noire

Les Ciconiiformes — ordre comprenant les cigognes — ne comptent que deux espèces régulièrement présentes en France métropolitaine : la Cigogne blanche et la Cigogne noire. La cigogne blanche est bien établie dans l’Est, le Centre, l’Ouest et la façade atlantique, avec des populations nicheuses en Nouvelle‑Aquitaine. La cigogne noire est forestière, nicheuse dans le Nord‑Est, le Massif central et les Pyrénées. En Gironde, seule la cigogne blanche est régulièrement présente, notamment dans les zones humides, marais, prairies inondables, bocages, et autour de l’estuaire. La cigogne noire est absente comme nicheuse, mais peut être occasionnelle en migration ou en erratisme, très discrète et rare. Aucun autre Ciconiiforme n’est présent en France : les marabouts, jabirus, cigognes tropicales sont absents.

La sociabilité des Ciconiiformes est marquée : la cigogne blanche est grégaire, formant des colonies de nidification sur pylônes, arbres ou bâtiments, et des groupes de nourrissage dans les prairies humides. La cigogne noire est solitaire, nicheuse isolée en forêt, évitant les zones anthropisées. La migration est très nette : la cigogne blanche française est migratrice, rejoignant l’Afrique de l’Ouest ou le Maghreb selon les populations, avec un passage migratoire visible en Gironde (août–septembre et mars–avril). Certaines populations occidentales deviennent partiellement sédentaires. La cigogne noire est migratrice stricte, quittant la France pour l’Afrique subsaharienne, avec un passage migratoire discret. Les Ciconiiformes présents en France sont donc deux espèces seulement, avec une sociabilité contrastée (grégaire vs solitaire) et une migration bien marquée.

Pélécaniformes
(env 12 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Pélécaniformes
2. Sociabilité et migration

 

Ardea cinereahéron cendré
 Ardea purpureahéron pourpré
Egretta garzetta
aigrette garzette
 Bubulcus ibishéron garde‑bœufs
Nycticorax nycticorax
bihoreau gris
Ixobrychus minutus
petit butor
 Botaurus stellarisbutor étoilé
 Platalea leucorodiaspatule blanche

Les Pélécaniformes — ordre comprenant les hérons, aigrettes, butors, spatules, ibis — sont bien présents en France métropolitaine, avec une dizaine d’espèces régulières : le Héron cendré très commun, le Héron pourpré nicheur des zones humides, l’Aigrette garzette très répandue, le Héron garde‑bœufs en expansion, le Bihoreau gris discret, le Butor étoilé rare, le Petit butor localisé, la Spatule blanche en forte progression, et l’Ibis falcinelle désormais régulier dans le sud. En Gironde, la majorité de ces espèces sont présentes : le héron cendré, l’aigrette garzette, le garde‑bœufs, le héron pourpré, le bihoreau gris, la spatule blanche et l’ibis falcinelle fréquentent les marais du Médoc, les zones humides du bassin d’Arcachon, les étangs, les roselières, et les prairies inondables. Le butor étoilé et le petit butor sont rares, mais possibles dans les roselières les plus tranquilles. Aucun Pélécaniforme n’occupe les plages atlantiques ouvertes, mais plusieurs utilisent les vasières, lagunes, marais, canaux, et dunes fixées.

Les Pélécaniformes sont globalement sociaux, mais avec des degrés variables. Les hérons (cendré, pourpré, garde‑bœufs) nichent souvent en colonies appelées héronnières, parfois mixtes avec des aigrettes et des bihoreaux. La spatule blanche est très grégaire, formant des colonies denses et des groupes de nourrissage. L’aigrette garzette est semi‑grégaire, souvent en groupes. Le bihoreau est plus discret, mais niche aussi en colonies. Le butor étoilé est solitaire et cryptique. L’ibis falcinelle est très grégaire, souvent en grands groupes. Leur sociabilité est donc majoritairement coloniale, centrée sur les zones humides.
La migration est marquée chez plusieurs espèces. Le héron cendré est partiellement migrateur, avec des populations sédentaires en Gironde. Le héron pourpré est migrateur, quittant la France pour l’Afrique tropicale. L’aigrette garzette est partiellement migratrice, certaines populations hivernant en Afrique du Nord. Le garde‑bœufs est erratique et partiellement migrateur, avec des mouvements hivernaux vers le sud. Le bihoreau gris est migrateur, hivernant en Afrique. Le butor étoilé est migrateur et très discret. La spatule blanche est migratrice courte distance, hivernant en Espagne, au Portugal ou en Afrique du Nord. L’ibis falcinelle est migrateur, avec des flux méditerranéens et atlantiques. En Gironde, la majorité des Pélécaniformes sont présents toute l’année, mais les effectifs augmentent ou diminuent selon les flux migratoires atlantiques.

Accipitriformes
(env 25 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Accipitriformes
2. Sociabilité et migration

 

Aquila chrysaetosaigle royal
Aquila pomarina
aigle pomarin
Clanga clanga
aigle criard
Haliaeetus albicilla
pygargue à queue blanche
Pandion haliaetus
balbuzard pêcheur
Milvus milvus
milan royal
Milvus migrans
milan noir
Buteo buteo
buse variable



 Buteo lagopusbuse pattue
Circus aeruginosus
busard des roseaux
Circus cyaneus
busard Saint‑Martin
 Circus pygargusbusard cendré
Accipiter nisus
épervier d’Europe
 Accipiter gentilisautour des palombes
Neophron percnopterus
vautour percnoptère
 Gyps fulvusvautour fauve 

Les Accipitriformes — ordre des rapaces diurnes comprenant les aigles, buses, milans, vautours, éperviers, autours, circaètes — sont bien présents en France métropolitaine, avec une vingtaine d’espèces régulières. Les plus communes sont la Buse variable, le Milan noir, le Milan royal, l’Épervier d’Europe, l’Autour des palombes, le Circaète Jean‑le‑Blanc, l’Aigle botté, l’Aigle royal, le Vautour fauve, le Vautour moine, le Percnoptère, et le Gypaète barbu. En Gironde, la diversité est plus réduite mais bien réelle : la buse variable est très commune dans les bocages, prairies, lisières et zones agricoles ; le milan noir est fréquent en été, le milan royal présent en hivernage ; l’épervier est commun en zones boisées et urbaines ; l’autour est présent mais discret ; le circaète est régulier en migration et nicheur localisé ; l’aigle botté est observé en migration et parfois nicheur dans le sud‑ouest ; les vautours sont absents comme nicheurs mais peuvent survoler le département en erratisme depuis les Pyrénées. Aucun Accipitriforme n’occupe les plages atlantiques ouvertes, mais plusieurs utilisent les dunes fixées, forêts atlantiques, marais, zones agricoles, et les bords d’estuaire.

Les Accipitriformes sont peu sociables, sauf exceptions. La buse variable est solitaire, tolérant seulement des regroupements hivernaux lâches. Le milan noir et le milan royal sont semi‑sociaux, formant des dortoirs et des groupes de migration. L’épervier et l’autour sont strictement solitaires et territoriaux. Le circaète est solitaire, parfois en petits groupes en migration. L’aigle botté est solitaire. Les vautours (fauve, moine, percnoptère, gypaète) sont très grégaires, formant des colonies et des groupes de nourrissage, mais ces espèces ne nichent pas en Gironde. Leur sociabilité est donc majoritairement solitaire, avec quelques espèces semi‑grégaire (milans) et des espèces coloniales absentes du département.
La migration est très variable selon les espèces. Le milan noir est migrateur, quittant la France pour l’Afrique ; il est présent en Gironde d’avril à septembre. Le milan royal est partiellement migrateur, avec des populations hivernantes en Gironde. Le circaète est migrateur, hivernant en Afrique tropicale. L’aigle botté est migrateur, présent en été. La buse variable est partiellement migratrice, avec des mouvements hivernaux vers l’ouest et le sud. L’épervier est sédentaire ou migrateur court selon les régions. L’autour est sédentaire. Les vautours sont sédentaires dans leurs zones de nidification (Pyrénées, Causses) mais peuvent errer largement. En Gironde, la majorité des Accipitriformes sont présents toute l’année (buse, épervier, autour), tandis que d’autres sont strictement estivaux (milan noir, circaète, aigle botté) ou hivernants (milan royal).

Strigiformes
(env 10 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Strigiformes
2. Sociabilité et migration

 

Bubo bubogrand-duc d’Europe
Strix aluco
chouette hulotte
Athene noctua
chevêche d’Athéna
Tyto alba
effraie des clochers
 Asio otushibou moyen-duc
 Asio flammeushibou des marais

 

Les Strigiformes — ordre des chouettes et hiboux — sont bien présents en France métropolitaine, avec une douzaine d’espèces régulières : la Chouette hulotte très commune, la Chouette chevêche en déclin, la Chouette effraie fréquente, la Chouette de Tengmalm montagnarde, la Chevêchette boréale, le Hibou moyen‑duc très répandu, le Hibou petit‑duc migrateur, le Hibou des marais irrégulier, le Grand‑duc présent dans les reliefs, et le Hibou nordique très rare. En Gironde, la diversité est plus réduite mais bien réelle : la chouette hulotte est très commune dans les forêts atlantiques, parcs, bocages et zones urbaines ; la effraie des clochers fréquente les villages, granges, zones agricoles ; la chevêche d’Athéna est présente mais en déclin dans les bocages et vieux vergers ; le hibou moyen‑duc est régulier dans les lisières, pins maritimes, parcs ; le petit‑duc scops est estivale, présent dans le sud‑ouest ; le hibou des marais est occasionnel en hivernage ; le grand‑duc est rare, mais possible dans les secteurs rocheux du sud‑Gironde. Aucun Strigiforme n’occupe les plages atlantiques ouvertes, mais plusieurs utilisent les dunes fixées, forêts, zones agricoles, parcs, jardins, et les bords d’estuaire.

Les Strigiformes sont majoritairement solitaires, avec une sociabilité très faible. La chouette hulotte, la effraie, la chevêche, le petit‑duc, le grand‑duc, l’épervier (non Strigiforme mais comparable en comportement) sont strictement solitaires, ne tolérant la proximité d’autres individus que lors de la reproduction. Le hibou moyen‑duc est l’exception notable : il est semi‑grégaire en hiver, formant des dortoirs communs dans les conifères ou les haies denses. Le hibou des marais peut se regrouper en petits groupes en hivernage. Les Strigiformes ne forment jamais de colonies et n’ont pas de sociabilité comparable aux hérons ou aux milans.
La migration varie fortement selon les espèces. La chouette hulotte, la effraie, la chevêche, le grand‑duc et le hibou moyen‑duc sont sédentaires en France, avec seulement de petits déplacements locaux. Le petit‑duc scops est migrateur strict, quittant la France pour l’Afrique subsaharienne ; il est présent en Gironde uniquement de mai à septembre. Le hibou des marais est migrateur ou erratique, avec des hivernages irréguliers en France occidentale. La chevêchette et la Tengmalm sont sédentaires montagnardes, absentes de la Gironde. En Gironde, la majorité des Strigiformes sont présents toute l’année, sauf le petit‑duc scops (estivale) et le hibou des marais (hivernant occasionnel).

Piciformes
(env 10 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Piciformes
2. Sociabilité et migration

Dendrocopos majorpic épeiche
Dendrocopos medius
pic moyen
 Dendrocopos minorpic épeichette
 Dryocopus martiuspic noir
 Picus viridispic vert
Jynx torquilla
torcol fourmilier

Les Piciformes — ordre comprenant les pics, torcols, et quelques familles tropicales absentes d’Europe — sont bien présents en France métropolitaine, avec sept espèces régulières : le Pic vert très commun, le Pic épeiche répandu, le Pic épeichette localisé, le Pic noir en expansion, le Pic mar rare et forestier, le Pic cendré très localisé, et le Torcol fourmilier migrateur. En Gironde, la majorité de ces espèces sont présentes : le pic vert est très commun dans les forêts atlantiques, bocages, lisières, parcs ; le pic épeiche est omniprésent ; le pic noir est désormais bien implanté dans les grands massifs forestiers du Médoc et du sud‑Gironde ; le pic épeichette est plus rare mais possible dans les zones boisées mixtes ; le pic mar est absent ou très rare, car il préfère les vieilles forêts feuillues ; le pic cendré est absent du département ; le torcol fourmilier est estivale, nicheur très localisé dans les bocages chauds et lisières. Aucun Piciforme n’occupe les plages atlantiques ouvertes, mais plusieurs utilisent les dunes fixées, forêts de pins, zones agricoles, parcs, jardins, et les bords d’estuaire.

Les Piciformes sont majoritairement solitaires, avec une sociabilité très faible. Le pic vert, le pic épeiche, le pic noir, le pic épeichette, le pic mar et le pic cendré sont strictement solitaires, ne tolérant la proximité d’un congénère que lors de la reproduction ou des interactions territoriales. Le torcol fourmilier est également solitaire, parfois en petits groupes en migration, mais jamais grégaire. Les Piciformes ne forment jamais de colonies, de dortoirs communs ou de groupes sociaux structurés. Leur sociabilité est donc strictement individuelle, centrée sur la défense du territoire.
La migration est variable selon les espèces. Le pic vert, le pic épeiche, le pic noir, le pic épeichette, le pic mar et le pic cendré sont sédentaires, avec seulement de petits déplacements locaux. Le torcol fourmilier est migrateur strict, quittant la France pour l’Afrique tropicale ; il est présent en Gironde uniquement de mai à septembre. Certaines populations de pics peuvent effectuer des déplacements hivernaux en cas de pénurie alimentaire, mais jamais de migration longue distance. En Gironde, la majorité des Piciformes sont présents toute l’année, sauf le torcol qui est estivale.

Falconiformes
(env 8 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Falconiformes
2. Sociabilité et migration

 

Falco tinnunculusfaucon crécerelle
 Falco peregrinusfaucon pèlerin
Falco subbuteo
faucon hobereau
 Falco vespertinusfaucon kobez
 Falco columbariusfaucon émerillon
Falco rusticolusfaucon gerfaut 

Les Falconiformes — ordre des faucons comprenant les Falconidae (faucons, crécerelles, émerillons, hobereaux) — sont bien présents en France métropolitaine, avec plusieurs espèces régulières : le Faucon crécerelle très commun, le Faucon pèlerin en expansion, le Faucon hobereau estival, l’Émerillon hivernant, le Faucon kobez rare, et le Faucon crécerellette très localisé dans le sud. En Gironde, la diversité est plus réduite mais bien réelle : le faucon crécerelle est très commun dans les zones agricoles, bocages, villages, lisières ; le faucon pèlerin est présent sur les falaises, grands bâtiments, ponts, et chasse sur les zones ouvertes ; le hobereau est estivale, présent dans les lisières forestières, landes, prairies chaudes ; l’émerillon est hivernant occasionnel ; le kobez est très rare en migration ; le crécerellette est absent. Aucun Falconiforme n’occupe les plages atlantiques ouvertes, mais plusieurs utilisent les dunes fixées, zones agricoles, forêts atlantiques, parcs, et les bords d’estuaire.

Les Falconiformes sont strictement solitaires, avec une sociabilité très faible. Le faucon crécerelle, le pèlerin, le hobereau, l’émerillon, le kobez et le crécerellette sont solitaires territoriaux, ne tolérant la proximité d’un congénère que lors de la reproduction ou des interactions aériennes. Ils ne forment jamais de colonies, de dortoirs communs ou de groupes sociaux structurés. Leur sociabilité est donc strictement individuelle, centrée sur la chasse et la défense du territoire. Seuls les hobereaux peuvent se regrouper en petits groupes lâches en migration ou autour de zones riches en insectes, mais cela reste ponctuel.
La migration varie selon les espèces. Le faucon crécerelle est partiellement migrateur, avec des mouvements hivernaux vers l’ouest et le sud ; en Gironde, il est présent toute l’année. Le faucon pèlerin est sédentaire dans la majorité des populations françaises, avec quelques déplacements hivernaux ; en Gironde, il est résident. Le hobereau est migrateur strict, quittant la France pour l’Afrique tropicale ; il est présent en Gironde de mai à septembre. L’émerillon est hivernant, venant du nord de l’Europe ; il est visible en Gironde en hiver. Le kobez est migrateur et irrégulier, observé surtout en printemps. Le crécerellette est migrateur strict, mais absent de la Gironde. La majorité des Falconiformes présents en Gironde sont donc sédentaires (crécerelle, pèlerin), avec quelques estivaux (hobereau) et hivernants (émerillon).

Psittaciformes
(2 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Psittaciformes
2. Sociabilité et migration

 

Psittacula krameriperruche à collier
Myiopsitta monachus
perruche moine  

Les Psittaciformes — ordre des perruches et perroquets — ne comptent aucune espèce native en France métropolitaine, mais deux espèces introduites sont désormais régulièrement présentes : la Perruche à collier et la Perruche moine. La perruche à collier est bien établie dans de nombreuses villes (Paris, Lyon, Toulouse, Montpellier, Nantes, Bordeaux), occupant les parcs, jardins, zones urbaines arborées, et les ripisylves. La perruche moine est installée dans le sud et l’ouest (Occitanie, Nouvelle‑Aquitaine, Pays basque), formant des colonies dans les parcs urbains, zones agricoles, et lisières boisées. En Gironde, les deux espèces sont présentes : la perruche à collier est désormais régulière dans la métropole bordelaise, les parcs urbains, les bords de Garonne, et les quartiers arborés ; la perruche moine est localisée, mais bien établie dans certains secteurs du Bassin d’Arcachon et de la CUB. Aucun autre Psittaciforme n’est présent à l’état sauvage : les aras, cacatoès, amazones, loris, etc., sont absents, sauf échappés ponctuels.

Les Psittaciformes introduits sont très sociaux. La perruche à collier est grégaire, formant des dortoirs communs pouvant regrouper plusieurs centaines d’individus, et se déplaçant en bandes bruyantes. La perruche moine est encore plus coloniale, construisant des nids communautaires massifs, partagés par plusieurs couples, et vivant en groupes structurés. Leur sociabilité est donc forte, comparable à celle des étourneaux ou des corvidés urbains. Les interactions interspécifiques sont fréquentes : compétition avec les étourneaux, pies, geais, parfois avec les pics pour les cavités.
La migration est inexistante chez les Psittaciformes présents en France. La perruche à collier est strictement sédentaire, avec seulement des déplacements locaux entre dortoirs et zones de nourrissage. La perruche moine est également sédentaire, ses colonies restant stables toute l’année. Les Psittaciformes introduits ne présentent aucune migration saisonnière, contrairement aux Columbiformes ou aux Passereaux. Leur présence en Gironde est donc permanente, avec des effectifs variant selon les conditions hivernales mais sans mouvements migratoires.

Passeriformes
(env 180 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Passeriformes
2. Sociabilité et migration

 

Turdus merulamerle noir
Erithacus rubecula
rougegorge familier
 Parus majormésange charbonnière
 Cyanistes caeruleusmésange bleue
Troglodytes troglodytes
troglodyte mignon
Sturnus vulgaris
étourneau sansonnet
Passer domesticus
moineau domestique
Fringilla coelebs
pinson des arbres



Carduelis carduelis
chardonneret élégant
Pyrrhula pyrrhula
bouvreuil pivoine
Pica pica
pie bavarde
 Garrulus glandariusgeai des chênes
Corvus corone
corneille noire
Hirundo rustica
hirondelle rustique
 Motacilla albabergeronnette grise
Luscinia megarhynchos
rossignol philomèle

Les Passeriformes — l’ordre le plus vaste des oiseaux, regroupant les passereaux (plus de 6 000 espèces dans le monde) — sont très largement présents en France métropolitaine, avec plus de 150 espèces régulières. En Gironde, la quasi‑totalité des espèces françaises communes est représentée. Les groupes principaux incluent les Turdidae (merles, grives), Paridae (mésanges), Fringillidae (pinsons, verdiers, chardonnerets), Sylviidae (fauvettes), Muscicapidae (rougequeues, gobemouches), Hirundinidae (hirondelles), Motacillidae (bergeronnettes, pipits), Corvidae (corbeaux, geais, pies), Sturnidae (étourneaux), Alaudidae (alouettes), Laniidae (pies‑grièches), et bien d’autres. En Gironde, les espèces les plus communes incluent le merle noir, la mésange charbonnière, la mésange bleue, le pinson des arbres, le rougegorge, le geai des chênes, la pie bavarde, l’étourneau sansonnet, la fauvette à tête noire, la fauvette grisette, le gobemouche gris, le rougequeue noir, la bergeronnette grise, la hirondelle rustique, la hirondelle de fenêtre, le pipit farlouse, l’alouette des champs, et les pies‑grièches en migration. Les milieux girondins — forêts atlantiques, bocages, zones agricoles, dunes fixées, marais, parcs urbains, jardins, lisières, bords d’estuaire — accueillent une diversité très élevée. Les seules absences concernent les espèces montagnardes (accenteur alpin, casse‑noix, chocard) et les espèces méditerranéennes strictes (fauvette mélanocéphale, mésange charbonnière orientale, etc.).

Les Passeriformes présentent une sociabilité très variable, allant du strictement solitaire au fortement grégaire. Les espèces solitaires incluent le rougegorge, le merle, le gobemouche, le rougequeue, les pies‑grièches, les pipits, les bergeronnettes, les alouettes. Les espèces semi‑sociales incluent les mésanges (groupes familiaux ou hivernaux), les fauvettes (groupes lâches en migration), les pinsons (petits groupes en hiver). Les espèces très grégaires incluent les étourneaux (immenses dortoirs), les moineaux domestiques, les corbeaux freux, les choucas, les geais (groupes familiaux), et les hirondelles (groupes de repos et de migration). Les Passeriformes ne forment pas de colonies structurées comme les hérons, mais certains (étourneaux, moineaux, freux) ont une sociabilité très dense.
La migration est extrêmement diverse. Les sédentaires incluent le merle, la mésange, le rougegorge (partiellement migrateur), la pie, le geai, l’étourneau, le moineau, le pinson (partiellement migrateur). Les migrateurs courts incluent les grives, les fauvettes hivernantes, les pipits, les bergeronnettes. Les migrateurs stricts incluent les hirondelles, les gobemouches, les fauvettes des jardins, les pouillots fitis, les hypolaïs, les loriots, les pies‑grièches, les traquets, les bruants ortolans. Les migrateurs nordiques hivernants incluent les grives mauvis, les grives litornes, les pinsons du Nord, les tarins, les sizerins. En Gironde, la migration est très visible : hirondelles, pipits, bergeronnettes, fauvettes, gobemouches, traquets, pies‑grièches, bruants traversent le département au printemps et en automne, tandis que les grives, pinsons du Nord, tarins, sizerins arrivent en hiver. Les Passeriformes sont donc l’ordre le plus diversifié en termes de phénologie, avec des espèces résidentes, estivales, hivernantes, et migratrices longue distance.

Apodiformes
(3 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Apodiformes
2. Sociabilité et migration

 

Apus apusmartinet noir
Apus pallidus
martinet pâle
Tachymarptis melba
martinet à ventre blanc 

Les Apodiformes — ordre comprenant les martinets (famille Apodidae) et, au niveau mondial, les colibris (absents d’Europe) — sont bien présents en France métropolitaine, mais uniquement via les martinets. Les espèces régulières sont le Martinet noir très commun, le Martinet à ventre blanc localisé dans les reliefs, le Martinet pâle rare et méditerranéen, et le Martinet de Cayenne absent de France (espèce tropicale). En Gironde, seul le martinet noir est régulièrement présent, très commun dans les villes, villages, zones urbaines, parcs, quartiers arborés, et au‑dessus des zones agricoles. Le martinet à ventre blanc est absent, car il niche dans les falaises alpines et pyrénéennes ; le martinet pâle est exceptionnel, observé très rarement en erratisme. Aucun colibri n’existe en France. Les Apodiformes girondins sont donc exclusivement des martinets noirs, visibles de mai à août, souvent en grands cris circulaires au‑dessus des toits.

Les Apodiformes sont très sociaux, parmi les oiseaux les plus grégaires d’Europe. Le martinet noir forme des groupes de vol très denses, des essaims aériens de plusieurs centaines d’individus, et des dortoirs aériens en altitude. Leur sociabilité est purement aérienne : ils ne se posent presque jamais au sol, vivent en groupes serrés, chassent en bandes, et se rassemblent autour des zones d’insectes. Le martinet à ventre blanc, dans les régions où il est présent, est également grégaire, nichant en colonies dans les falaises. Le martinet pâle est semi‑grégaire, souvent en groupes mixtes avec le martinet noir. Les Apodiformes ne sont jamais solitaires, contrairement aux rapaces ou aux pics.
La migration est très marquée chez les Apodiformes. Le martinet noir est migrateur strict, quittant la France pour l’Afrique équatoriale ; il arrive en Gironde en mai et repart en août. Le martinet à ventre blanc est également migrateur, hivernant en Afrique de l’Est. Le martinet pâle est migrateur, avec un hivernage en Afrique subsaharienne. Les martinets sont parmi les oiseaux qui passent le plus de temps en vol continu, même pendant la migration. En Gironde, les Apodiformes sont donc strictement estivaux, avec une présence concentrée sur la période chaude, et une disparition totale en automne et en hiver.

Gruiformes
(env 10 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Gruiformes
2. Sociabilité et migration

 

Gallinula chloropuspoule d’eau
Fulica atra
foulque macroule
Rallus aquaticus
râle d’eau
 Porzana porzanamarouette ponctuée
Crex crex
râle des genêts
Grus grus
grue cendrée

 

 

Les Gruiformes — ordre comprenant les râles, marouettes, foulques, poules d’eau, et les grues — sont bien présents en France métropolitaine, avec plusieurs espèces régulières : la Gallinule poule‑d’eau très commune, la Foulque macroule répandue, le Râle d’eau discret, les marouettes (Marouette ponctuée, Marouette poussin, Marouette de Baillon) plus rares, le Râle des genêts en déclin, et la Grue cendrée très commune en migration et en hivernage. En Gironde, les espèces régulières sont la gallinule, la foulque, le râle d’eau, et la marouette de Baillon dans les roselières ; les autres marouettes sont occasionnelles. La grue cendrée est fréquente en migration au‑dessus du département, avec des vols massifs visibles en octobre–novembre et février–mars, mais elle n’hivernait pas traditionnellement en Gironde (hivernage concentré dans les Landes, le Der, la Champagne). Le râle des genêts est très rare. Les Gruiformes girondins occupent les marais, roselières, étangs, zones humides du Médoc, bassin d’Arcachon, prairies inondables, et les bords d’estuaire ; ils sont absents des plages atlantiques ouvertes.

Les Gruiformes présentent une sociabilité très variable. La gallinule et la foulque sont semi‑sociales, souvent en groupes dans les zones humides, surtout en hiver. La foulque peut former des agrégations importantes sur les grands plans d’eau. Le râle d’eau est strictement solitaire, très discret, rarement visible. Les marouettes sont solitaires et cryptiques. Le râle des genêts est solitaire en reproduction. La grue cendrée, en revanche, est très grégaire, formant des vols migratoires massifs, des groupes de repos, et des dortoirs pouvant compter plusieurs milliers d’individus. Les Gruiformes sont donc un ordre mêlant des espèces solitaires (râles, marouettes) et des espèces grégaire (foulques, grues).
La migration est très contrastée selon les espèces. La gallinule et la foulque sont partiellement migratrices, avec des mouvements hivernaux vers les zones humides tempérées ; en Gironde, elles sont présentes toute l’année. Le râle d’eau est sédentaire ou migrateur court, avec des déplacements hivernaux. Les marouettes sont migratrices, arrivant au printemps et repartant en fin d’été. Le râle des genêts est migrateur strict, hivernant en Afrique. La grue cendrée est migratrice longue distance, reliant les sites de reproduction d’Europe du Nord aux zones d’hivernage du sud‑ouest de la France et de la péninsule Ibérique ; en Gironde, elle est visible en passage migratoire, parfois en grands vols spectaculaires. Les Gruiformes girondins sont donc un mélange de sédentaires, partiellement migrateurs, estivaux, et migrateurs longue distance.

Charadriiformes
(env 60 esp)

1. Présence possible en France et en Gironde des Charadriiformes
2. Sociabilité et migration

 

Charadrius hiaticulagrand gravelot
 Charadrius alexandrinusgravelot à collier
 interrompu

Pluvialis apricaria
pluvier doré
 Vanellus vanellusvanneau huppé
Haematopus ostralegus
huîtrier pie
Calidris alpina
bécasseau variable
 Calidris minutabécasseau minute
 Calidris ferrugineabécasseau cocorli

Tringa totanuschevalier gambette
Tringa ochropus
chevalier culblanc
Actitis hypoleucos
chevalier guignette
Larus michahellis
goéland leucophée
 Larus argentatusgoéland argenté
Chroicocephalus ridibundus
mouette rieuse
Sterna hirundo
sterne pierregarin
Thalasseus sandvicensis
sterne caugek

Les Charadriiformes — ordre immense regroupant les limicoles, goélands, mouettes, sternes, avocettes, échasses, phalaropes, labbes, macreuses, pingouins torda, guillemots, fulmars (certains parfois classés ailleurs selon les systèmes) — sont très largement présents en France métropolitaine, surtout sur les côtes atlantiques, manchoises, méditerranéennes, et dans les zones humides intérieures. Les espèces régulières incluent les Pluvialis (pluviers), Charadrius (gravelots), Calidris (bécasseaux), Tringa (chevaliers), Limosa (barges), Numenius (courlis), Haematopus (huîtrier), Recurvirostra (avocette), Himantopus (échasse), Larus (goélands), Chroicocephalus (mouettes), Sterna et Thalasseus (sternes), ainsi que les alcidés (Alca torda, Uria aalge). En Gironde, la diversité est élevée sur la façade atlantique et dans les zones humides : les bécasseaux, chevaliers, courlis, barges, gravelots, pluviers, huîtriers, avocettes, échasses, mouettes, goélands, sternes, et parfois phalaropes en migration. Le bassin d’Arcachon est un haut lieu des Charadriiformes, avec des effectifs importants en vasières, prés salés, lagunes, marais, chenaux, et estran. Les alcidés sont occasionnels, visibles en mer ou échoués après tempête. Les Charadriiformes sont absents des dunes mobiles, forêts atlantiques, zones agricoles, mais très présents sur les vasières, plages, estuaires, lagunes, marais, et plans d’eau saumâtres.

Les Charadriiformes présentent une sociabilité très variable, mais globalement élevée chez les espèces côtières. Les limicoles (bécasseaux, chevaliers, barges, courlis) sont grégaire, formant des troupes parfois énormes en migration ou en hivernage. Les goélands et mouettes sont très sociaux, en colonies, groupes de nourrissage, dortoirs et bandes côtières. Les sternes sont coloniales, nichant en colonies denses sur les îlots, bancs de sable ou toits plats. Les avocettes et échasses sont semi‑grégaire, souvent en groupes. Les gravelots et pluviers sont plus solitaires en reproduction, mais grégaire en migration. Les alcidés sont colonialistes en mer du Nord, mais en France ils sont surtout observés en migration ou en erratisme. Les Charadriiformes sont donc un ordre majoritairement grégaire, avec une sociabilité très marquée dans les milieux côtiers.
La migration est l’un des traits les plus caractéristiques des Charadriiformes. Les limicoles sont migrateurs longue distance, reliant l’Arctique aux zones tempérées ou tropicales ; en Gironde, les passages migratoires sont très visibles au printemps et en automne. Les sternes sont migratrices, hivernant en Afrique ou en Atlantique Sud. Les mouettes et goélands sont partiellement migrateurs, avec des mouvements hivernaux vers les côtes atlantiques. Les avocettes et échasses sont migratrices courtes, hivernant sur les côtes atlantiques. Les alcidés sont erratiques ou migrateurs, visibles surtout en hiver. En Gironde, les Charadriiformes sont donc un mélange de sédentaires côtiers, hivernants, migrateurs longue distance, et erratiques rabattus par les tempêtes.