Silurus spp

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Les espèces du genre Silurus sont parmi les plus grands silures d’Eurasie. Le plus connu, Silurus glanis, atteint 2 à 3 mètres et peut dépasser 100 kg. Silurus aristotelis atteint 40 à 60 cm. Silurus asotus mesure 60 à 120 cm. Silurus soldatovi peut dépasser 1,5 mètre. La taille varie donc fortement selon l’espèce, mais la majorité des Silurus sont de grands poissons robustes et puissants.

Le genre Silurus est largement distribué en Europe, en Russie, en Asie centrale et en Asie de l’Est. Silurus glanis est présent dans la plupart des grands fleuves européens comme le Danube, le Dniepr, le Rhône et le . Silurus aristotelis est endémique de Grèce. Silurus asotus est répandu en Chine, au Japon, en Corée et en Russie orientale. Silurus soldatovi vit dans l’Amour et les rivières de Sibérie orientale. Les Silurus préfèrent les grands fleuves, les lacs profonds, les zones calmes, les fosses, les bras morts et les eaux riches en abris naturels.

Les Silurus sont des prédateurs nocturnes. Ils passent la journée cachés dans les fosses, racines ou structures submergées, puis chassent la nuit. Leur régime alimentaire inclut poissons, amphibiens, crustacés, oiseaux aquatiques et parfois petits mammifères. La reproduction a lieu au printemps ou en été. Le mâle construit un nid dans la végétation ou dans une cavité et garde les œufs jusqu’à l’éclosion. Les jeunes restent près du nid avant de devenir indépendants. Leur croissance est rapide dans les premières années.

Les Silurus possèdent un corps allongé, dépourvu d’écailles, une grande bouche armée de dents fines, et de longs barbillons sensoriels. Ils sont capables de détecter les vibrations et les champs électriques, ce qui leur permet de chasser dans l’obscurité. Silurus glanis est connu pour sa longévité, pouvant dépasser 50 ans. Certaines populations montrent des comportements opportunistes étonnants, comme la prédation sur les pigeons observée dans certaines rivières françaises. Leur capacité d’adaptation est remarquable, ce qui explique leur expansion dans plusieurs bassins européens.

Les Silurus ne sont pas dangereux pour l’humain dans des conditions normales. Les attaques sont extrêmement rares et généralement liées à la défense du nid ou à la provocation. Leur dangerosité réelle concerne surtout les autres poissons, car ce sont des prédateurs puissants capables d’avaler des proies volumineuses. Les grands individus de Silurus glanis peuvent capturer des oiseaux aquatiques ou des rongeurs, mais ils ne représentent pas une menace pour l’homme.

Les jeunes Silurus sont prédatés par les brochets, les sandres, les oiseaux piscivores et certains mammifères. Les adultes n’ont presque aucun prédateur naturel en dehors de l’humain. Dans les régions asiatiques, de grands carnivores comme les Hucho peuvent s’attaquer aux jeunes Silurus. Les très grands individus sont au sommet de la chaîne alimentaire.

Silurus glanis — Silure glane, le plus grand poisson d’eau douce d’Europe. Silurus aristotelis — Silure d’Aristote, endémique de Grèce. Silurus asotus — Silure d’Asie orientale, présent en Chine, Japon et Corée. Silurus soldatovi — Silure de Soldatov, grand prédateur de Sibérie orientale. Silurus biwaensis — Silure du lac Biwa, endémique du Japon.

 

Espèce

Genèse du nom

Silure du Wynaad (S. wynaadensis)

      

L'espèce Silurus wynaadensis a été décrite en 1963 par R. S. Hora et K. K. Misra à partir de spécimens collectés dans l’État du Kerala, dans le sud de l’Inde. L’épithète wynaadensis fait référence au district de Wynaad (aujourd’hui orthographié Wayanad), une région montagneuse et humide des Ghâts occidentaux où l’espèce a été découverte. Comme souvent dans la taxonomie des poissons d’eau douce indiens, les auteurs ont choisi de nommer l’espèce d’après sa localité type, afin de souligner son caractère endémique et sa distribution très restreinte. Le nom français Silure du Wynaad ou Silure du Kerala découle directement de cette origine géographique.
 Il s’agit d’un vernaculaire construit mais cohérent, qui associe le nom du genre Silurus à la région de Wynaad, reflétant à la fois l’endémisme de l’espèce et la logique habituelle des noms français basés sur la localité type.