Les
Tardigrades
appartiennent au règne
Animalia,
au sous‑règne
Eumetazoa,
à l’infra‑règne
Bilateria
et au clade
Protostomia.
À l’intérieur des Protostomiens, ils sont inclus dans le
super‑embranchement
Ecdysozoa,
groupe défini par la présence d’une cuticule nécessitant la mue
(ecdysis).
Les Ecdysozoaires regroupent huit phylums :
Nematoda,
Nematomorpha,
Priapulida,
Kinorhyncha,
Loricifera,
Onychophora,
Arthropoda
et
Tardigrada.
Les Tardigrades appartiennent plus précisément au groupe des
Panarthropodes,
qui réunit les Arthropodes, les Onychophores et les Tardigrades,
caractérisés par un corps segmenté, des appendices pairs et une
cuticule nécessitant la mue.
À l’intérieur du phylum
Tardigrada,
on distingue trois classes : les
Heterotardigrada,
caractérisés par une cuticule rigide souvent ornée de plaques
dorsales et de cirres céphaliques ; les
Eutardigrada,
à cuticule souple sans plaques dorsales ; et les
Mesotardigrada,
classe controversée représentée par une seule espèce décrite (Thermozodium
esakii),
jamais revue depuis sa découverte. Les Tardigrades se
distinguent des
Lophotrochozoaires
par l’absence de larve trochophore, l’absence de lophophore et
la présence d’une mue cuticulaire, ce qui confirme leur
appartenance aux
Ecdysozoaires.
Les
Tardigrades
mesurent généralement entre
0,1 et 1,2 mm,
ce qui les rend invisibles à l’œil nu. Leur corps est trapu,
segmenté en quatre régions portant chacune une paire de pattes
terminées par des griffes ou des ventouses. Leur cuticule peut
être souple ou rigide selon les classes, et leur couleur varie
du transparent au jaunâtre ou brun clair selon l’alimentation.
Ils possèdent un appareil buccal muni de stylets permettant de
percer les cellules végétales ou les proies. Leur déplacement
lent et leur forme arrondie leur valent le nom vernaculaire d’« ours
d’eau ».
Le développement des Tardigrades est
direct,
sans larve. Les œufs donnent naissance à des individus
miniatures déjà morphologiquement complets. La croissance se
fait par
mues successives,
car la cuticule ne peut s’étendre. Les jeunes tardigrades muent
plusieurs fois avant d’atteindre la maturité sexuelle. La durée
de vie varie de quelques mois à plusieurs années, selon les
conditions environnementales et les périodes de cryptobiose.
Les Tardigrades possèdent un corps ovoïde composé d’une tête et
de quatre segments portant chacun une paire de pattes. Leur
cuticule peut être lisse, granuleuse ou ornée de plaques
dorsales selon les classes
Heterotardigrada
ou
Eutardigrada.
Leur système digestif est complet, mais ils ne possèdent ni
système respiratoire ni système circulatoire, les échanges se
faisant par diffusion. Leur pharynx est souvent très musclé et
constitue un critère d’identification important. Leur cuticule
est régulièrement renouvelée par mue, et les œufs sont parfois
déposés dans l’exuvie.
La reproduction peut être
sexuée
ou
parthénogénétique
selon les espèces. Les femelles pondent leurs œufs dans la
cuticule abandonnée ou directement dans le milieu. Les œufs
peuvent être lisses ou ornés de motifs caractéristiques,
notamment chez les
Macrobiotidae.
Le développement est direct, sans métamorphose. La fécondation
est généralement externe, mais certaines espèces présentent une
fécondation interne.
Les
Tardigrades
mènent une vie discrète dans les micro‑habitats humides où un
mince film d’eau leur permet de se déplacer, de se nourrir et de
respirer. Leur activité dépend entièrement de l’humidité du
milieu :
lorsqu’ils sont hydratés, ils marchent lentement sur leurs
quatre paires de pattes, percent les cellules végétales ou les
micro‑organismes avec leurs stylets et digèrent leur contenu
grâce à un pharynx musculeux. Leur métabolisme est alors normal,
avec une croissance assurée par des mues successives. Lorsque
l’environnement s’assèche, ils entrent en
cryptobiose,
un état de vie suspendue où leur corps se contracte en un « tonneau »,
leur métabolisme chute presque à zéro et ils deviennent capables
de survivre à des conditions extrêmes comme la dessiccation, le
gel, la chaleur, les radiations ou même le vide spatial. Dès que
l’humidité revient, ils se réhydratent et reprennent une
activité normale en quelques minutes ou heures.
Les Tardigrades sont consommés par divers micro‑organismes et
petits invertébrés, notamment les
nématodes,
les
acariens,
les
rotifères,
certains
protozoaires,
et de petits arthropodes du sol. Ils peuvent également être
ingérés accidentellement par des organismes filtrants. Leur
petite taille et leur cuticule résistante leur offrent toutefois
une certaine protection.
Les Tardigrades sont totalement
inoffensifs
pour l’être humain, les animaux domestiques et les plantes. Ils
ne piquent pas, ne mordent pas, ne parasitent pas et ne
transmettent aucune maladie connue. Ils jouent un rôle
écologique discret mais important dans les micro‑écosystèmes,
notamment dans la décomposition et la régulation des populations
microbiennes.
Les Tardigrades sont
présents dans toute la France,
dans les milieux terrestres, dulçaquicoles et littoraux. Plus de
120 espèces
ont été recensées, appartenant principalement aux familles
Hypsibiidae,
Macrobiotidae,
Milnesiidae
et
Echiniscidae.
Les régions humides, les forêts tempérées, les zones
montagneuses et les milieux littoraux sont particulièrement
riches en espèces.
La
Gironde
offre des conditions très favorables aux Tardigrades grâce à son
climat océanique humide, ses forêts de pins, ses zones humides,
ses marais littoraux et ses milieux urbains riches en mousses.
Les espèces les plus courantes appartiennent aux genres
Hypsibius,
Diphascon,
Pilatobius,
Macrobiotus,
Paramacrobiotus
et
Milnesium.
Les mousses sur troncs, les lichens sur chênes, les mousses
urbaines et les sols forestiers humides sont les habitats les
plus productifs.
Les Tardigrades vivent dans les
mousses,
les
lichens,
les
sols humides,
les
sédiments d’eau douce,
les
films d’eau
entourant les végétaux, les
marais,
les
zones intertidales,
et parfois les
sources chaudes
ou les
milieux extrêmes.
Ils sont capables d’entrer en
cryptobiose,
un état de vie suspendue leur permettant de survivre à la
dessiccation, au gel, au vide spatial, aux radiations et à des
températures extrêmes. Cette capacité explique leur présence
dans des milieux très variés, du littoral atlantique aux forêts
de pins de Gironde.