Cette infographie est consacrée
aux Oscines basales, c’est-à-dire à plusieurs
lignées anciennes au sein des Passeri, les
passereaux chanteurs, principalement associées à l’Australie
et à la Nouvelle-Guinée. Le grand oiseau
central est présenté comme un oiseau-lyre de la
famille des Menuridae, ici Menura
novaehollandiae, remarquable par la spectaculaire
queue ornementale du plumage adulte et par des vocalisations
particulièrement élaborées. L’encadré de gauche décrit ces
oiseaux comme appartenant aux lignées anciennes de la radiation
australo-papoue des Oscines et insiste sur leur grande
diversité morphologique, avec des tailles indiquées
d’environ 10 à 100 cm, l’oiseau-lyre
représentant l’un des plus grands passereaux ; l’expression
visible « traits primitifs » est toutefois
scientifiquement maladroite, car ces oiseaux sont des espèces
actuelles pleinement évoluées et il serait préférable de parler
de caractères ancestraux conservés.
L’infographie attribue aux Oscines basales un syrinx
déjà complexe, caractéristique cohérente avec leur
appartenance aux Passeri, mais la formule selon laquelle leurs
vocalisations seraient généralement « moins modulées que
chez les Passeroidea » est trop générale compte tenu de
l’extraordinaire complexité vocale de certaines lignées,
notamment des oiseaux-lyres.
La partie « Position phylogénétique » place les
Passeriformes, puis les Passeri, avant
une séparation entre Oscines basales,
Corvoidea et Passeroidea ; cette
représentation fonctionne comme schéma pédagogique, mais
elle simplifie fortement la phylogénie réelle, car les
lignées anciennes des Oscines ne constituent pas nécessairement
un groupe unique correspondant à « neuf familles », et les
Passeri actuels comprennent davantage de ramifications que cette
division en trois blocs. L’affirmation selon laquelle les
Oscines basales sont « antérieures aux Corvoidea et aux
Passeroidea » doit elle aussi être reformulée : ces
groupes actuels ont tous évolué jusqu’à aujourd’hui et il faut
plutôt dire que certaines lignées australo-papoues
divergent près de la base de l’arbre phylogénétique des Passeri.
La carte met en avant une distribution centrée sur l’Australie
et la Nouvelle-Guinée, avec des présences dans
différentes îles voisines, ce qui correspond au thème
biogéographique de l’infographie ; en revanche, l’expression
« presque entièrement australo-néo-guinéenne »
dépend directement de la définition retenue pour les « Oscines
basales », terme davantage descriptif que véritable rang
taxonomique officiel.
La rangée inférieure présente neuf familles : les Menuridae
avec les oiseaux-lyres, les Atrichornithidae
avec les scrub-birds, les Ptilonorhynchidae
avec les jardiniers, les Orthonychidae avec les
logrunners, les Climacteridae avec les
treecreepers australiens, les Maluridae avec
les mérions, les Meliphagidae avec les
méliphages, les Pardalotidae avec les
pardalotes et les Acanthizidae avec notamment
les thornbills et gerygones ; les photographies montrent ainsi
une forte diversité de formes, allant de petits insectivores
forestiers à des oiseaux plus grands et spécialisés. Le slogan
« La racine évolutive des oiseaux chanteurs »
est accrocheur mais trop fort scientifiquement : ces oiseaux ne
constituent pas collectivement les ancêtres des autres oiseaux
chanteurs, mais représentent plutôt plusieurs lignées
permettant de mieux comprendre les premières divergences et la
radiation australo-papoue des Oscines. De même, le
sous-titre « Les origines des oiseaux chanteurs »
gagnerait à devenir « Aux premières divergences des
oiseaux chanteurs » ou « Anciennes lignées
australo-papoues des oiseaux chanteurs », formulations
qui évitent de transformer des espèces actuelles en ancêtres
vivants.
Le message général de l’infographie est néanmoins pertinent :
l’Australie et la région australo-papoue occupent une place
fondamentale dans l’histoire évolutive des Passeri, et plusieurs
lignées anciennes de passereaux chanteurs y conservent
aujourd’hui une extraordinaire diversité morphologique,
écologique et comportementale ; les principales corrections
concernent surtout le vocabulaire “basal/primitif”, le
regroupement artificiellement simple en neuf familles et l’idée
incorrecte que ces oiseaux constitueraient directement la
“racine” ou les ancêtres des Oscines modernes.