Passriformes

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Classification récente (env 1.640 gen, env 9.000 esp).
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Deutérostomiens-Vertébrés-Gnathostomes-Tétrapodes-Oiseaux-Passériformes
(Passereaux et assimilés...)

Clade

Espèces représentatives

Description

Acanthisittides
(1 gen, 1 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Disparition d'espèces récemment d'Acanthisittides
8. Isolation au sein de la classification moderne chez les  Passériformes


 

Xénique grimpeur (Acanthisitta chloris)
(moins de 10 cm, moins de 10 g)

Xénique des rochers (Xenicus gilviventris)
(moins de 10 cm, moins de 20 g)

Xénique des buissons (Xenicus longipes)
(moins de 12 cm, moins de 30 g)

Xénique de Stephens, ou de Lyall  (Xenicus lyalli)
(moins de 15 cm, moins de 30 g)
 

 

 Les Acanthisittidés sont strictement endémiques de Nouvelle‑Zélande. Ils occupent les forêts tempérées humides, les forêts montagnardes, les éboulis rocheux, les zones de mousses et les forêts subalpines des deux îles principales et de quelques îles périphériques. Leur répartition actuelle est extrêmement réduite : seules subsistent des populations isolées du xénique des rochers (Xenicus gilviventris) et du xénique des buissons (Xenicus longipes), ce dernier ayant perdu plusieurs sous‑espèces.
 Taille 7 à 10 cm, poids 5 à 20 g. Ce sont parmi les plus petits oiseaux du monde. Corps compact, ailes courtes, pattes fines mais agiles, silhouette discrète adaptée à la vie au sol ou dans les mousses.
Mode de vie insectivore : petits arthropodes, larves, araignées, invertébrés trouvés dans la litière, les mousses ou les fissures rocheuses. Comportement terrestre ou semi‑terrestre, vol faible ou quasi absent chez certaines espèces disparues. Reproduction dans des nids sphériques ou en cavité, souvent sous des rochers ou dans des souches. Pontes de 2 à 4 œufs, incubation et nourrissage assurés par les deux parents. Espèces très discrètes, souvent difficiles à observer.
Les Acanthisittidés forment l’un des groupes d’oiseaux les plus primitifs encore existants. Ils représentent une branche très ancienne des Passeriformes, séparée très tôt du reste des Oscines et Suboscines. Leur morphologie unique (ailes réduites, vol faible, comportement cryptique) et leur isolement évolutif en font un groupe d’un intérêt majeur pour la compréhension de l’évolution des passereaux. Ils sont extrêmement sensibles aux prédateurs introduits (rats, chats, mustélidés), ce qui explique leurs déclins et extinctions.
Plumage brun‑olive, cryptique, strié ou moucheté, parfaitement adapté à la vie au sol. Bec fin, pointu, spécialisé pour fouiller les mousses et fissures. Ailes courtes et arrondies, reflétant leur faible aptitude au vol. Aspect général très discret, presque “souris des mousses”.
 Aucune espèce n’est migratrice. Les Acanthisittidés sont strictement sédentaires, confinés à des micro‑habitats forestiers précis. Leur faible capacité de vol rend impossible toute migration longue distance.
Plusieurs espèces ont disparu depuis l’arrivée des Européens. L’exemple le plus célèbre est le mātuhituhi de Stephen’s Island (Traversia lyalli), disparu vers 1895, probablement exterminé par les chats introduits. D’autres espèces ont disparu au cours des derniers siècles, et plusieurs sous‑espèces du xénique des buissons ont été perdues récemment. Le groupe est aujourd’hui gravement menacé, avec seulement deux espèces survivantes, toutes en déclin ou sous surveillance stricte.
Les Acanthisittides (xéniques de Nouvelle‑Zélande) forment le rameau le plus basal des Passériformes. Ils sont séparés avant la grande bifurcation Suboscines / Oscines, ce qui les place hors de tous les groupes modernes. Ils ne sont ni Suboscines, ni Oscines, ni dans aucune super‑famille, ni dans aucun super‑clade. Ils constituent un clade unique, isolé, monophyletique, sans groupe frère vivant.

 

Elachuridae
(1 gen, 1 esp)

1. Répartition géographique de  Elachura formosa (Élachure de Formose)
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Isolation au sein de la classification moderne chez les  Passériformes

Elachura formosa (Élachure de Formose)

L’Élachure de Formose est présente au Bangladesh, Bhoutan, Chine, Inde, Laos, Myanmar, Népal et Vietnam. Elle vit dans les forêts subtropicales ou tropicales humides de montagne, dans les sous‑bois denses, les fourrés, les fougères épaisses, les rochers moussus, les troncs en décomposition, souvent près de ruisseaux. Altitude typique : 1100 à 2300 m.

L’oiseau mesure 10 cm, pèse environ 5 g, avec une queue très courte.  C’est un passereau minuscule, l’un des plus petits du groupe Muscicapoidea.
Espèce diurne, terrestre, vivant dans les fourrés serrés. Régime invertivore : insectes et autres petits invertébrés, qu’elle capture en fouillant la végétation. Reproduction : ponte d’environ 3 à 4 œufs, nidification dans les zones denses du sous‑bois ; âge de première reproduction autour de 0,9 an.
C’est un oiseau unique au monde : il constitue à lui seul une famille entière, les Elachuridae. Les analyses génétiques ont montré qu’il n’a aucun proche parent vivant parmi les Passériformes modernes, ce qui en fait une lignée relictuelle isolée depuis des millions d’années.
Plumage brun sombre avec taches blanches sur tout le corps, ailes et queue rufescentes avec barres noires. Aspect “tacheté” très caractéristique. Bec fin, court, adapté à la capture d’invertébrés dans les fourrés.
Espèce non migratrice, sédentaire dans toute son aire. Elle reste dans les mêmes massifs forestiers toute l’année.
Les Elachuridae (une seule espèce : Elachura formosa) sont totalement isolés dans la phylogénie moderne des Passériformes. Ils ne sont pas dans les Oscines basales, pas dans les Corvoidea, pas dans les Passeroidea, pas dans Sylvioidea, pas dans Muscicapoidea, pas dans Passerida. Ils ne sont dans aucune super‑famille. Ils forment un clade unique, sans groupe frère identifié.

 

Clades

Description

Suboscines
(env 310 gen, env 1.350 esp)

1. Morphologie et description
2. Place des Suboscines  au sein des Passériformes
 3. Classification moderne des Suboscines

 

Les Suboscines (Tyranni) sont des passereaux à syrinx simple, dont les vocalisations sont innées et non apprises. Morphologie très variée : bec aplati chez les tyrans, crochu chez les fourmiliers, courbé chez les furnariidés, spectaculaire chez les cotingas. Taille 8–35 cm. Plumage allant du cryptique (fourmiliers, furnariidés) au très coloré (cotingas, manakins). Comportements spécialisés : insectivorie, frugivorie, fouissage, parades acrobatiques (manakins). Les Suboscines sont les passereaux primitifs, dominants dans les tropiques américains.

Les Suboscines forment l’un des deux grands sous‑ordres des Passériformes : Passériformes = Tyranni (Suboscines) + Passeri (Oscines). Ils sont basaux, antérieurs aux Oscines, et représentent la radiation néotropicale des passereaux primitifs. Structure moderne : Passeriformes → TyranniTyrannoïdes + Eurylaimides. Les Tyrannoïdes sont presque entièrement américains, tandis que les Eurylaimides sont asiatiques et malgaches. Les Suboscines sont donc le socle évolutif des passereaux, avant l’apparition des oiseaux chanteurs.

Les Suboscines se divisent en deux super‑groupes : Tyrannoïdes (Amériques) et Eurylaimides (Asie–Afrique). Total ≈ 1300 espèces, soit l’un des plus grands ensembles de Passériformes.
Tyrannidae
— tyrans, elaenias, empidonax (≈430 espèces) Cotingidae — cotingas, fruitcrows, piha Pipridae — manakins Tityridae — tityras, becards, mouras Thamnophilidae — fourmiliers Furnariidae — furnariidés, horneros, dendrocolaptidés Formicariidae — formicaires Conopophagidae — gnateaters Rhinocryptidae — tapaculos - Eurylaimidae — brèves asiatiques Philepittidae — asities de Madagascar Calyptomenidae — calyptomenes

Oscines basales
(env 30 gen, env 70 esp)


 

1. Morphologie et description
2. Place des Oscines basales  au sein des Passériformes
 3.  Classification moderne des Oscines basales

 

 Les Oscines basales sont les lignées les plus anciennes des oiseaux chanteurs. Morphologie très variée mais avec des traits primitifs : syrinx déjà complexe mais architecture encore simple, plumage souvent brun‑gris, adaptations forestières ou terrestres. Taille de 10 à 100 cm selon les familles (les oiseaux‑lyres étant les plus grands Oscines). Comportements souvent discrets, vocalisations puissantes mais moins modulées que chez les Passeroïdes. Ce sont les Oscines originels, issus de la radiation australo‑papoue.

Les Oscines basales forment le premier niveau du sous‑ordre Passeri. Structure moderne : Passeriformes → Passeri → Oscines basales + Corvoidea + Passeroidea. Ils sont donc antérieurs aux Corvoidea et aux Passeroidea. Ils représentent la racine évolutive des oiseaux chanteurs, avant la grande diversification eurasienne et africaine. Distribution presque entièrement australo‑néo‑guinéenne, ce qui reflète l’origine géographique des Oscines.

Les Oscines basales forment le premier étage des Passeri, c’est‑à‑dire les familles les plus anciennes, primitives, australo‑papoues, situées à la base du clade des oiseaux chanteurs. La classification moderne (IOC 2026) regroupe 9 familles, toutes confirmées par les phylogénies génomiques : Menuridae oiseaux‑lyres, Atrichornithidae scrub‑birds, Ptilonorhynchidae jardiniers, Orthonychidae logrunners, Climacteridae treecreepers australiens, Maluridae fairywrens, puis le bloc Meliphagoidea comprenant Meliphagidae méliphages, Pardalotidae pardalotes et Acanthizidae thornbills et gerygones. Ces neuf familles constituent la racine évolutive des Oscines, antérieure aux Corvida et aux Passerida, et représentent la radiation originelle des oiseaux chanteurs en Australie et Nouvelle‑Guinée.

Oscines
(env 1.300 gen, env 7.600 esp)

1. Morphologie et description
2. Place des Oscines au sein des Passériformes
 3. Classification moderne des Oscines

 

Les Oscines sont les passereaux à syrinx complexe, capables de produire des chants modulés, appris, variés, grâce à plusieurs muscles syringiens indépendants. Morphologie très diversifiée : taille de 6 à 40 cm, becs de toutes formes (fin, conique, courbé, robuste), plumages cryptiques ou très colorés selon les familles, pattes fines, ailes arrondies ou pointues. Leur unité n’est pas morphologique mais vocale : ce sont les oiseaux au chant le plus élaboré, occupant toutes les niches écologiques possibles, des forêts tropicales aux toundras, des savanes aux montagnes, des milieux urbains aux mangroves.

Les Oscines constituent l’un des deux grands sous‑ordres des Passériformes, l’autre étant les Tyranni (Suboscines). Les Oscines représentent la radiation la plus dérivée, la plus récente, la plus diversifiée des passereaux. Leur syrinx complexe les distingue des Tyranni, qui ont un chant plus instinctif et moins modulé. Les Oscines forment plus de 5 000 espèces, soit la majorité des passereaux, et dominent l’avifaune de l’Eurasie, de l’Afrique, de l’Australie et d’une grande partie des Amériques. Leur place dans l’ordre est donc centrale : ce sont les passereaux “évolués”.

Les Oscines modernes se répartissent en huit super‑clades principaux, chacun regroupant des familles cohérentes morphologiquement et écologiquement. Les Meliphagoidea rassemblent les oscines australo‑papoues nectarivores et insectivores comme les méliphages, fairywrens, pardalotes et thornbills. Les Corvoidea forment le grand bloc australo‑asiatique moderne comprenant corvidés, oiseaux de paradis, drongos, rhipidures, monarques, loriots, cuckooshrikes, woodswallows, whistlers, boatbills, pityriase, paramythies, berrypeckers, cnemophiles et vireos. Les Passeroidea regroupent les oscines granivores et frugivores du monde entier : fringilles, moineaux, bruants, cardinaux, tangaras, parulines, icteridés, troglodytes, grimpereaux, sittelles, mésanges, gnatcatchers, rémiz, pinson orangé, silky‑flycatchers, palmchat et moho. Les Sylvioidea couvrent les insectivores du Vieux Monde : fauvettes, pouillots, rousserolles, locustelles, cisticoles, alouettes, panure, zostérops, laughingthrushes, babblers, souimangas, parrotbills, ground babblers, hyliotas, warblers africains et malgaches, donacobius. Les Muscicapoidea regroupent merles, gobemouches, étourneaux, jaseurs, cincle, palmchat, hypocolius, roitelets, hirondelles, hylocitre, moho et silky‑flycatchers. Les Bombycilloidea rassemblent les oscines arboricoles frugivores : jaseurs, palmchat, hypocolius, moho et silky‑flycatchers. Les Certhioidea regroupent les grimpeurs arboricoles : troglodytes, grimpereaux, sittelles et gnatcatchers. Enfin, les Paroidea comprennent les mésanges, rémiz et stenostiridés. Ensemble, ces huit super‑clades constituent la structure moderne des Oscines, couvrant toute la diversité vocale, morphologique et écologique des oiseaux chanteurs actuels.

 

Oxyruncidae
(1 gen, 1 esp)

1. Répartition géographique de l'Oxyrhynque huppé
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Statut et effectifs actuels

8.  Isolation au sein de la classification moderne chez les  Passériformes

 

Oxyruncus cristatus Oxyrhynque huppé
(moins de 17 cm, moins de 50 g)

L’Oxyrhynque huppé est un passereau strictement néotropical. On le trouve du Costa Rica et du Panama jusqu’au nord de l’Amérique du Sud : Colombie, Venezuela, Guyanes, Amazonie brésilienne, Équateur, Pérou et Bolivie. Il vit dans les forêts tropicales humides, surtout en forêt primaire, dans les strates moyennes et hautes.
C’est un petit passereau compact. Taille : 12 à 13 cm. Poids : environ 15 à 18 g, valeurs typiques des petits insectivores frugivores néotropicaux.
Il vit dans la canopée, très discret, souvent immobile sur des branches fines. Il se nourrit d’insectes capturés dans le feuillage et de petits fruits. La reproduction est peu documentée : nid en coupe, placé en hauteur, œufs blancs ou crème, comportement reproducteur similaire aux petits Tyrannidés forestiers.
L’Oxyrhynque huppé est unique : c’est le seul membre de sa famille, les Oxyruncidae, un groupe isolé dans les Suboscines. Il possède un bec très pointu, presque en forme de dard, et une crête érectile distinctive. Sa position évolutive est énigmatique, longtemps débattue entre Tyrannidés, Cotingidés et Pipridae.
Plumage sombre : tête noire, crête rouge vif chez le mâle, dos olive foncé, poitrine gris‑olive, abdomen jaunâtre. La femelle est plus terne. Le bec est long, fin, très pointu, adapté à la capture d’insectes dans les feuillages denses.
L’espèce est non migratrice. Elle reste toute l’année dans les forêts tropicales humides, se déplaçant seulement localement selon la disponibilité des fruits et des insectes.
L’espèce est classée Préoccupation mineure (LC), mais ses populations sont en déclin local à cause de la déforestation en Amazonie et en Amérique centrale. Elle reste rare, difficile à observer, et dépend fortement des forêts primaires intactes.

Les Oxyruncidae (une seule espèce : Oxyruncus cristatus) sont totalement isolés dans la phylogénie moderne des Passériformes. Ils ne sont pas dans les Tyranni, pas dans les Oscines basales, pas dans les Corvoidea, pas dans les Passeroidea, pas dans Sylvioidea, pas dans Muscicapoidea, pas dans Passerida. Ils ne sont dans aucune super‑famille. Ils forment un rameau unique, monotypique, sans groupe frère identifié.