Pleurodires en France

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Cette infographie est consacrée aux Pleurodires (Pleurodira), l’une des deux grandes lignées actuelles de tortues, caractérisée par une manière particulière de protéger la tête : au lieu de rétracter le cou verticalement dans la carapace comme les Cryptodires (Cryptodira), les Pleurodires fléchissent latéralement leur long cou sous le bord de la carapace. L’image présente principalement les deux familles actuelles, les Chelidae, distribués en Amérique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Guinée, et les Pelomedusoides, comprenant notamment les lignées africaines et malgaches ; elle insiste ainsi sur une distribution essentiellement liée aux régions chaudes de l’hémisphère Sud.
 La carte représente des populations en Amérique du Sud, en Afrique subsaharienne, à Madagascar, en Australie et en Nouvelle-Guinée, ce qui traduit globalement bien la répartition naturelle du groupe. En revanche, l’affirmation du titre selon laquelle les Pleurodires seraient des tortues « strictement tropicales » est trop catégorique, car certaines espèces atteignent des régions subtropicales ou tempérées chaudes, notamment dans le sud de l’Amérique du Sud et de l’Australie ; le groupe est essentiellement austral et thermophile, mais pas exclusivement tropical au sens climatique strict. La partie consacrée à la France affirme qu’aucun Pleurodire n’est présent naturellement en France, ce qui est correct pour la faune indigène : les tortues sauvages indigènes françaises sont des Cryptodires, notamment la Cistude d’Europe (Emys orbicularis). L’infographie représente également Trachemys, dont Trachemys scripta, comme exemple de tortue introduite ; cette tortue est elle aussi un Cryptodire.
 En revanche, les formules « aucune observation, jamais », « aucun Pleurodire en France, nulle part » et surtout « ni hier, ni demain » sont scientifiquement excessives : elles confondent absence d’espèce indigène ou de population établie avec absence absolue de tout individu, alors que des Pleurodires peuvent évidemment être maintenus en captivité et une observation ponctuelle d’un animal échappé ou relâché ne peut pas être exclue par principe. La section « Pourquoi sont-ils absents de France ? » invoque des raisons biogéographiques, climatiques, physiologiques et historiques. La composante biogéographique est importante, car la distribution moderne des Pleurodires résulte d’une longue histoire évolutive et continentale, mais expliquer leur absence européenne uniquement par leur incapacité à franchir les océans ou à effectuer de longues migrations constitue une simplification excessive de processus biogéographiques beaucoup plus complexes.
L’encadré affirmant que le climat français est incompatible est lui aussi trop absolu : beaucoup de Pleurodires sont adaptés aux climats chauds et ne seraient effectivement pas adaptés aux hivers froids de nombreuses régions françaises, mais affirmer que tous sont physiologiquement incapables de supporter les conditions françaises demanderait davantage de nuances. La partie la plus problématique est cependant celle affirmant que « les introductions sont interdites » et que « l’introduction de Pleurodires en France est interdite » : une telle affirmation juridique ne peut pas être généralisée à l’ensemble des Pleurodires sans préciser les espèces et la réglementation concernée ; détention, importation, commerce, introduction dans le milieu naturel et relâcher sont des notions réglementaires différentes. Enfin, l’image indique que les Pleurodires regroupent principalement les Chelidae et les Pelomedusidae, mais une présentation taxonomique plus précise devrait également faire apparaître les Podocnemididae, famille actuelle comprenant notamment les grandes tortues à cou latéral sud-américaines et malgaches. Le message général est donc juste : les Pleurodires sont des tortues à flexion latérale du cou, naturellement absentes de la faune française actuelle et principalement distribuées dans les régions chaudes de l’hémisphère Sud ; en revanche, les affirmations “strictement tropicales”, “jamais observées en Europe”, “climat français incompatible”, “aucun Pleurodire nulle part en France” et “introductions interdites” sont beaucoup trop absolues et devraient être reformulées pour rendre l’infographie scientifiquement rigoureuse.