La tortue de la Mary River est
strictement endémique du sud‑est
du Queensland, en
Australie, limitée au
bassin de la Mary River, où elle occupe uniquement les tronçons
moyens et supérieurs du cours d’eau ; elle dépend des rivières à
courant rapide, aux
fonds rocheux ou sableux,
et aux eaux très oxygénées,
ce qui explique sa distribution extrêmement restreinte et sa grande
vulnérabilité, comme l’ont montré les études sur
Elusor macrurus.
La tortue de la Mary River atteint
40 à 50 cm de longueur
de carapace pour un poids variant de
4 à 8 kg, les femelles
étant généralement plus grandes que les mâles ; sa queue est
exceptionnellement longue, pouvant représenter
jusqu’à 70 % de la longueur du
plastron, un trait unique parmi les tortues d’eau douce
australiennes.
Cette tortue est
aquatique,
diurne et
très discrète, passant
la majorité de son temps immergée dans les zones à fort courant ; elle
se nourrit principalement de
végétation aquatique, d’algues,
de fruits tombés, de
matière organique et
parfois de petits invertébrés ; la reproduction a lieu au
printemps austral, les
femelles pondant 10 à 30 œufs
dans des nids creusés sur les berges sablonneuses, avec une incubation
dépendante de la température ; les jeunes sont totalement indépendants
dès l’éclosion.
La tortue de la Mary River
possède plusieurs traits uniques : une
queue extrêmement longue,
une capacité à respirer sous
l’eau par la cloaca (respiration cloacale), lui permettant de
rester immergée plus de 48 h,
et une croissance lente
associée à une maturité sexuelle tardive ; elle est aussi connue pour
ses algues vertes qui
poussent sur sa tête et son corps, lui donnant parfois un aspect « punk
», un phénomène observé chez certains individus de
Elusor macrurus.
Cette espèce vit exclusivement
dans les rivières rapides,
aux eaux claires,
fraîches et
bien oxygénées, avec des
zones de rochers, de
troncs immergés et de
plantes aquatiques ;
elle évite les eaux stagnantes et les zones polluées, ce qui la rend
particulièrement sensible aux modifications hydrologiques, aux barrages
et à la dégradation des berges.
La tortue de la Mary River est
classée En Danger (EN)
par l’UICN, avec une population estimée à
moins de 10 000 individus,
dont une proportion très faible de femelles reproductrices ; les
principales menaces sont la
destruction des berges, les
barrages, la
pollution, la
prédation des nids, et
surtout la capture massive des
juvéniles dans les années 1960‑1980 pour le commerce des
animaux de compagnie, ce qui a provoqué un effondrement générationnel ;
des programmes de conservation sont en cours dans le Queensland pour
protéger les nids, restaurer les berges et surveiller les populations de
Elusor macrurus.